Articles biomasse et filières vertes

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2018/12/08

Taxe carbone et développement de la chaleur renouvelable


Source : Bioénergies International



Taxe carbone et développement de la chaleur renouvelable

Silos de la chaufferie du Wacken à Strasbourg, à bois et à rafles de maïs, photo Frédéric Douard

La taxe carbone en Europe : neutralité fiscale et double dividende

De nombreux pays européens, notamment les pays scandinaves et le Danemark ont institué, de longue date, une taxe carbone sur les produits énergétiques, dans le double objectif de réduire les consommations d’énergies fossiles dans les secteurs du bâtiment et du transport et de diminuer les émissions de gaz carbonique dans l’atmosphère.

La Suède a été la plus ambitieuse avec une taxe qui atteint actuellement 120 € par tonne de carbone, y compris dans les industries non soumises à l’échange de quotas CO2. Cette politique fiscale, soutenue par la droite et par la gauche et approuvée par les différentes composantes de la société (patronat, syndicats, associations de consommateurs et d’environnement), est un succès : les résultats constatés correspondent à ceux attendus et vont même parfois au delà. Au cours des deux dernières décennies, la Suède a très fortement développé les énergies renouvelables, tout particulièrement les bioénergies et les réseaux de chaleur.

Les prélèvements obligatoires en Suède sont élevés, tout comme en France. Mais l’alourdissement des taxes sur l’énergie fait consensus parce qu’a été respecté un principe de neutralité fiscale et recherché le « double dividende », comme l’appellent les économistes. Autrement dit, les pouvoirs publics ont baissé les impôts sur les revenus et les charges sur le travail, en rapport avec les prélèvements supplémentaires qu’ils opéraient sur l’énergie. Ainsi cette nouvelle taxation sur les entreprises et les ménages s’est faite « sans pénaliser l’économie, ni en termes de croissance ni en termes d’emplois » (Michel Cruciani / La Transition Energétique en Suède/2016).

Le constat est similaire en Finlande et au Danemark, où les recettes fiscales supplémentaires ont été intégralement affectées à des réductions de cotisations sociales (M.S.Andersen Europe’ expérience with carbon energy taxation/ 2010).

La taxation du carbone en France

La France est en retard sur les pays d’Europe du Nord :

  • La taxation du carbone existe seulement depuis 2014 et a été confirmée en 2017, avec une trajectoire jusqu’en 2022 ;
  • Le niveau de prélèvements demeure très en deçà de ceux des pays pionniers.

À la différence du consensus qui prévaut dans les pays précités, la taxation Carbone en France fait l’objet de vives critiques pour deux raisons :

  • Elle n’a pas fait l’objet d’explication convaincante de la part des pouvoirs publics ;
  • Le produit fiscal supplémentaire n’a pas été clairement affecté au financement de la transition énergétique (notamment à la rénovation thermique des bâtiments et à la montée en puissance de la chaleur renouvelable dans l’habitat collectif ou en maisons individuelles), ni alloué à une baisse massive des prélèvements fiscaux et sociaux sur le travail, ce qui aurait favorisé des créations d’emplois et le pouvoir d’achat des salariés concernés.

Lorsque l’on observe l’évolution des prix des énergies utilisées pour le chauffage (gaz naturel et fioul domestique), il convient de remarquer qu’ils ont beaucoup baissé entre 2013 et 2017, du fait de l’effondrement du baril et du gaz spot à Rotterdam. On ne retrouve le niveau de prix de 2013 qu’en 2018 pour le fioul domestique et le gaz naturel, en raison d’une remontée des prix de base, majorés désormais de la taxe carbone.

Impact contribution climat sur les prix, Debat. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Il est pour le moins paradoxal que les prix très élevés de 2013 (gonflant la rente pétrolière et gazière des pays producteurs !) n’aient pas suscité de vives contestations, alors que le même niveau de prix en 2018 provoque une fronde, sous prétexte d’une taxe abondant le budget de l’État !
On entrevoit bien l’erreur commise par les pouvoirs publics :

  • Défaut de communication sur la taxe carbone lorsque les prix d’achat des combustibles aux producteurs étaient bas, la taxe est alors passée inaperçue… mais provisoirement !
  • Absence de dispositions compensatrices pour les entreprises et les ménages, ce qui aurait probablement fait passer l’alourdissement fiscal sans trop de difficulté, sachant qu’il est légitime au regard de la protection de l’environnement et de la planète.

Impact de la taxe carbone sur l’émergence des projets de chaleur renouvelable

Pour illustrer notre propos, on partira de l’exemple d’un projet de chaufferie bois alimentant un réseau de chaleur, en délégation sur le public (DSP), dans une ville moyenne.

Dans le cadre du montage d’un tel projet, les usagers susceptibles de se raccorder en premier établissement sont identifiés en amont de la consultation DSP. Mais le raccordement n’est pas obligatoire. Il faut donc convaincre les usagers pressentis, en leur démontrant que le prix de l’énergie thermique distribuée par le réseau est inférieur à leur référence gaz ou fioul domestique, en coût global, c’est-à-dire en prenant en compte l’achat du combustible et l’exploitation/maintenance/renouvellement des équipements de l’installation en place.

Les investissements (chaufferie bois, canalisations enterrées, sous-stations d’échange) sont très élevés et les amortissements sur le long terme de ces ouvrages et équipements sont répercutés dans le prix de la chaleur facturée aux usagers.

Au cours des années 2006/2013, pour atteindre l’objectif d’une décote de l’ordre de 10 % par rapport à la chaleur de référence fossile, les collectivités et leurs délégataires disposaient de deux aides publiques :

  • Une aide aux investissements de 40 à 50 % (Fonds chaleur et Régions/ FEDER) qui permet de diminuer à due proportion la part de l’amortissement des ouvrages et équipements supporté par chacun des abonnés, soit une baisse de la facture globale de l’ordre de 12 % ;
  • Un taux de TVA réduit à 5,5 %, sur les ventes de chaleur au compteur (pour les réseaux vertueux ayant recours à plus de 50 % d’énergies renouvelables) et sur les abonnements, cette réduction correspondant également à 12 % environ du prix de la chaleur avec TVA à taux plein.

Impact fonds chaleur et TVA réduite, Debat. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

Avec l’effondrement du prix du gaz et du fioul domestique entre 2013 et 2017, les aides des pouvoirs publics sont devenues insuffisantes pour garantir une décote de 10 %. D’où des concrétisations de projets bois-énergie beaucoup moins nombreuses et une contribution du Fonds Chaleur à ces projets également en dégringolade. Le Fonds Chaleur à budget constant (200 millions d’euros par an) a donc élargi son périmètre d’intervention et s’est redéployé vers le financement de récupération de chaleur fatale (issue notamment d’usine d’incinération) et la structuration de l’approvisionnement en combustible bois (programme AMI).

Le redémarrage timide des projets biomasse en 2018, qui devrait se confirmer en 2019, résulte du renchérissement du coût de l’énergie de référence (gaz naturel en agglomération, fioul domestique dans les gros bourgs et parfois les petites villes), en partie lié à la taxe carbone.

C’est la taxation des combustibles fossiles qui permet donc aux projets collectifs bois-énergie de voir à nouveau le jour, grâce notamment à la trajectoire fixée par le Parlement jusqu’en 2022, laquelle permet de faire des études comparatives démontrant une économie dès le démarrage du projet, mais plus encore à l’horizon des cinq prochaines années, avec comme hypothèse un prix de base hors taxe de l’énergie fossile constant. Cette démonstration est mise à mal par la suspension de la taxe carbone en 2019.

En conclusion

Les promoteurs du bois-énergie et plus généralement de la chaleur renouvelable sont très attachés à la taxe carbone, condition indispensable de mise en œuvre de très nombreux projets.

Ceci étant, nous sommes parfaitement conscients que l’acceptabilité sociale de cette nouvelle taxe pose aujourd’hui problème, à défaut d’un affichage clair et vertueux de l’affectation des recettes supplémentaires. En 2019 (tel que prévu, avant suspension), les produits de la taxe carbone sur les combustibles fossiles (hors carburant) se seraient établis à 6 milliards d’euros (TVA comprise). La totalité des aides à la chaleur renouvelable (subventions et défiscalisation) est actuellement de l’ordre de 600 millions d’euros par an, en prenant en compte un Fonds Chaleur réévalué à 315 millions d’euros en 2019, c’est-à-dire 10 % des recettes générées par la taxe sur les combustibles fossiles. On est donc loin du compte.

Si la taxe est rétablie en 2020, on peut raisonnablement suggérer que le partage des recettes fiscales sur les combustibles fossiles soit envisagé dans la proportion suivante (à affiner, dans le cadre d’une étude plus précise) :

  • 35 % consacré à l’efficacité énergétique et à la chaleur renouvelable ;
  • 65 % affecté à l’abaissement du coût du travail (et à la revalorisation des salaires), tout particulièrement en diminuant les charges sociales dans les industries de main-d’œuvre.

Cette problématique du double dividende, qui a fait ses preuves ailleurs, devrait recevoir l’appui d’une majorité de nos compatriotes. Sauf à considérer que les français sont incapables d’un civisme écologique, comparable à celui bien connu de nos amis scandinaves !

Serge Defaye et Marc Maindrault (illustrations), BEST-ENERGIES / DEBAT – www.best-energies.com


2018/12/07

Fonds Chaleur, instrument majeur de la transition écologique, 10 ans déjà


Source : Bioénergies International



Fonds Chaleur, instrument majeur de la transition écologique, 10 ans déjà

La chaufferie du réseau de chaleur de Guéret, photo Frédéric Douard

2018 marque les dix ans du Fonds Chaleur renouvelable, un instrument primordial pour la réalisation de la transition écologique. Destiné à l’habitat collectif, aux collectivités et aux entreprises, ce fonds participe au développement de la production renouvelable de chaleur et de froid. Il est essentiel pour atteindre les objectifs de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte de porter la part des énergies renouvelables à 38% de la consommation finale de chaleur en 2030.

La chaleur représente la moitié de la consommation d’énergie du pays. 21% de la chaleur consommée en France est issue de sources renouvelables. La Programmation Pluriannuelle de l’Energie (PPE) vise l’augmentation de la part de chaleur renouvelable dans le mix à un rythme 1,5 fois plus soutenu que celui constaté entre 2010 et 2016.

Près de 4300 opérations ont été accompagnées et financées entre 2009 et 2017. Cette réussite se traduit par une production prévisionnelle annuelle de 2,16 millions de Tep, soit 25,1 TWh grâce aux installations financées pour la période 2009-2017.

1,75 Milliard € engagé dans le cadre du fonds a généré 5,78 milliards € d’investissements au total. Le Fonds Chaleur renouvelable favorise ainsi l’emploi et les investissements dans les différents secteurs d’activités concernés.

Enfin, on peut estimer à environ 5,69 millions de tonnes de CO2 évités/an pour l’ensemble des projets Fonds Chaleur.

Les chiffres clés du Fonds Chaleur renouvelable :

  • 4273 opérations d’investissement
  • 62 projets de récupération de chaleur fatale
  • 98 projets de biogaz
  • 829 projets de réseaux de chaleur
  • 1093 projets de bois-biomasse
  • 495 projets de géothermie
  • 1696 projets solaires

Ces résultats démontrent la capacité du dispositif à mobiliser les différents acteurs de ce marché : collectivités locales, entreprises, bureaux d’études, équipementiers, exploitants, sociétés d’approvisionnement en biomasse…

Le Fonds Chaleur, contribue à diversifier la production énergétique de la France, à faire progresser son autonomie énergétique, à soutenir la création d’emplois par la mobilisation des entreprises, des collectivités et des acteurs professionnels de la filière chaleur renouvelable.

Depuis 10 ans, le fonds a fait la preuve de son efficacité pour soutenir le développement de la chaleur renouvelable pour un coût pour les finances publiques unanimement salué. La trajectoire inscrite dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie 2018-2023 prévoit une augmentation du Fonds de 100 millions en 2019 et une simplification des modalités.

Pour en savoir plus :


2018/12/01

Fiches techniques des énergies renouvelables et de récupération dans l’industrie


Source : Bioénergies International



Fiches techniques des énergies renouvelables et de récupération dans l’industrie

 

Il existe de nombreuses technologies d’énergies renouvelables et de récupération (EnR&R), relativement matures, permettant de produire et d’auto-consommer de l’énergie sur un site industriel, que ce soit de la chaleur ou de l’électricité.

L’Ademe publie une description de ces technologies EnR&R, sous forme de fiches techniques, identifie leurs forces et faiblesses au regard de critères prédéfinis : coûts des énergies produites, niveau de maturité et de diffusion, facilité d’intégration sur site, contraintes d’opération et de maintenance, empreinte carbone.

L’objectif est de caractériser ces technologies afin d’identifier les avantages qu’elles apportent, mais aussi les freins et les difficultés à surmonter pour les déployer.

Voici les technologies d’énergies renouvelables et de récupération qui sont présentées :


2018/11/29

Appel à projets GreenTech verte : vingt nouvelles start-up retenues


Source : Actu-Environnement



Appel à projets GreenTech verte : vingt nouvelles start-up retenues

Lors du salon Pollutec à Lyon, Brune Poirson secrétaire d'Etat à la Transition écologique, a annoncé, ce 29 novembre, les 20 nouvelles start-up lauréates de l'appel à manifestation d'intérêt "GreenTech verte" lancé en juin dernier. Initiée depuis 2016, l'initiative "GreenTech" du ministère accompagne les start-up qui innovent en faveur de la transition écologique (économies d'énergies, transports propres, gestion durable des déchets, protection de la santé, développement des énergies renouvelables). Plus de 100 start-up sont aujourd'hui engagées dans cette démarche.

Les 20 start-up lauréates seront labellisées "GreenTech verte" par le ministère de la Transition écologique. Elles seront accompagnées, au sein des trois incubateurs du ministère, afin de favoriser leur croissance et leur développement. Les incubateurs sont situés à Champs-sur-Marne (Seine-et-Marne), à Orléans (Loiret) et à Toulouse (Haute-Garonne). 

Trois projets ont ainsi été sélectionnés (HySiLabs, Tinto Eco et Omni) dans la catégorie "mobilité durable". Tinto Eco accompagne notamment les organisations multi-sites dans l'optimisation des déplacements domicile-travail de leurs employés. L'économie circulaire a aussi mobilisé trois lauréats (Mytroc, Reconcil et Agricarbon). Reconcil propose par exemple un système de consigne d'emballages pour la restauration à emporter. Quatre projets ont été sélectionnés dans la catégorie "biodiversité et eau" (Biostart, Biomae, Ombrea et Tzic). Biomae développe notamment des bio-essais innovants pour diagnostiquer la qualité des milieux aquatiques. L'appel à projets retient également trois lauréats dans la catégorie "Bâtiment et ville durable" (Smart futures, Sitowie et Cool roof France). Sitowie crée par exemple un outil numérique d'optimisation du cycle de vie des constructions et des matériaux.

Les autres thématiques de l'appel à projets concernent les énergies renouvelables (2 lauréats : VH93 et Ouisol), l'efficacité énergétique (2 lauréats : Eco Tech Ceram et Wupatec) et la prévention des risques (2 lauréats : Waves'n See et HD Rain). Enfin, un projet a été retenu en matière de santé-environnement. Vitibot développe une plateforme destinée à l'exécution de tous les travaux viticoles, permettant de réduire l'usage des pesticides.

Un nouvel appel à manifestation d'intérêt Green Tech verte sera ouvert du 20 décembre 2018 au 20 mars 2019.


2018/11/28

La Côte d’Ivoire veut produire de la biomasse à partir de déchets de cacao


Source : Enviro2B



La Côte d’Ivoire veut produire de la biomasse à partir de déchets de cacao

L’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a octroyé trois subventions aux États-Unis afin de soutenir le développement des infrastructures énergétiques en Côte d’Ivoire, dont une pour une usine qui utilisera les cosses à cacao pour développer de l’énergie.

Le premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire, prévoit de construire une centrale à biomasse d’une capacité de 60 à 70 megawatt (MW), fonctionnant à partir de cosses à cacao, dans le cadre de son objectif de développer une capacité de production d’énergie de biomasse de 424 MW d’ici 2030.

Selon des sources locales, l’usine, qui permettra à la Côte d’Ivoire de diversifier ses sources de production d’électricité, figurait parmi les cinq projets sur lesquels une subvention de l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA) a été accordée, a annoncé l’ambassade américaine à Abidjan dans un communiqué en juillet dernier.

La centrale à biomasse, la première du pays, est prévue à Divo, dans la région cacaoyère méridionale, où le pays produit environ 2 millions de tonnes de cacao par an. Il en résulte que des milliers de tonnes de cosses sont jetées après que les fèves ont été enlevées et laissées pourrir ou sont brûlées après la récolte.

Contrairement à de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, la Côte d’Ivoire dispose d’une alimentation électrique fiable. Elle exporte de l’électricité vers les pays voisins, le Ghana, le Burkina Faso, le Bénin, le Togo et le Mali, et prévoit d’étendre son réseau au Libéria, en Guinée et à la Sierra Leone très prochainement.

Mais avec une consommation intérieure en hausse d’environ 10% par an, le gouvernement est sous pression pour augmenter l’offre domestique et vise à porter la capacité installée à 4 000 MW d’ici 2020, contre 2 275 MW actuellement.


2018/11/26

La biomasse, désormais première source d’énergie non importée en Europe


Source : Bioénergies International



La biomasse, désormais première source d’énergie non importée en Europe

Jean-Marc Jossart, photo Bioenergy Europe

Editorial du magazine Bioénergie International n°57 de novembre 2018

Le 15 novembre 2018, trois jours après l’approbation de la nouvelle directive européenne sur les énergies renouvelables (REDII), le plus important effort politique visant à promouvoir les énergies renouvelables que l’Europe n’ait jamais porté, l’association professionnelle Bioenergy Europe publie ses statistiques annuelles pour aider à comprendre la pertinence de la bioénergie pour les années à venir.

La transition énergétique est véritablement en cours. Les énergies renouvelables, bioénergie en tête, grignotent chaque année environ 1 % du marché européen de l’énergie. L’Europe est de moins en moins dépendante de pays tiers pour son approvisionnement en énergie. En Europe, la production d’énergie primaire à partir de biomasse locale avait déjà dépassé la production européenne de pétrole en 2009, puis celle de la production indigène de gaz fossile en 2014, et là en 2016, c’est la production européenne de charbon qu’elle a également dépassé devenant la première source d’énergie primaire en Europe et c’est tout un exploit ! Et cette nouvelle situation est faite pour durer, en témoigne la croissance régulière et ininterrompue du secteur de 3 % par an depuis des années en substitution de sources d’énergies importées, chères et polluantes.

Evolution de la production d’énergie primaire en Europe des 28 par combustible, en ktep, source Bioenergy Europe. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

La chaleur est le moteur de la croissance du secteur de la bioénergie. Depuis 10 ans, elle a conquis plus de deux millions de tonnes d’équivalent pétrole chaque année. Le secteur du granulé est lui aussi sur une excellente courbe de croissance et est en passe de devenir le combustible d’avenir des particuliers. Les tendances ainsi florissantes s’observent aussi en matière de technologies, pour la production combinée de chaleur et d’électricité ou les poêles et chaudières à faibles émissions. La bioénergie est entre de bonnes mains.

Avec l’accord de Paris sur le climat, nous disposons maintenant d’un budget carbone global d’émissions de 570 milliards de tonnes d’équivalent CO2 qui devrait nous permettre d’atteindre la cible des 1,5 °C. Pour conserver ce budget carbone, nous savons que les émissions devraient atteindre leur maximum avant 2030 et que nous devons pour cela atteindre des émissions zéro dans les 25 ans. Ce défi nécessite à la fois un changement radical dans l’esprit des gens et un étalonnage constant des politiques visant à changer notre système énergétique. La bioénergie est une partie importante de la solution. Le potentiel de biomasse en Europe, plus de 700 millions de tonnes d’équivalent pétrole, est cinq fois plus élevé que notre consommation actuelle.

Cette année et pour la première fois, le rapport statistique de Bioenergy Europe est diffusé gratuitement et ce afin de fournir aux décideurs des preuves solides sur lesquelles s’appuyer dans la transition énergétique européenne. Demandez le rapport à cette adresse form.jotform.com et rendez-vous sur le site bioenergyeurope.org.

Jean-Marc Jossart, secrétaire général de Bioenergy Europe


2018/11/23

La chaleur renouvelable accuse en France un sérieux retard sur les objectifs à 2020


Source : Bioénergies International



La chaleur renouvelable accuse en France un sérieux retard sur les objectifs à 2020

La chaufferie des Péjoces à Dijon produit 30 MW de chaleur renouvelable, photo Frédéric Douard

Répartition par filière de la production e chaleur renouvelable en France en 2017. Source SER

Alors que l’annonce de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie est imminente, le CIBE, la FEDENE, le SER et UNICLIMA, avec la participation de l’ADEME, publient l’édition 2018 du Panorama de la chaleur renouvelable et de récupération. Il confirme le retard pris par la France dans l’atteinte des objectifs de la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte – 38 % de chaleur renouvelable dans notre consommation de chaleur en 2030 – et vis-à-vis de ses engagements européens en matière d’énergies renouvelables et de lutte contre le changement climatique. En effet, en 2017, la chaleur renouvelable n’a représenté que 18,7 % (18,3 % en 2016) de la consommation finale brute de chaleur. Pourtant, ce secteur constitue un enjeu majeur dans la lutte contre le changement climatique. Elle représente en effet 50 % de notre consommation énergétique et reste majoritairement produite par des énergies fossiles importées.

Toutefois, le retard constaté peut être rattrapé, et les objectifs atteints, grâce à une mobilisation de l’État et un soutien accru aux filières de production de chaleur renouvelable et de récupération.

Evolution de la part renouvelable dans la consommation finale de chaleur en France.

Un panorama enrichi

L’édition 2018 de ce panorama, qui s’affirme comme un outil d’accompagnement de la transition énergétique, est enrichie de données et analyses sur le froid, la chaleur de récupération et la production de chaleur renouvelable à partir de gaz renouvelables. Elle affine également la méthodologie utilisée pour collecter les données, ce qui demeure un défi permanent étant donné le nombre d’installations concernées sur le territoire et le caractère très diffus de la production de chaleur renouvelable.

Répartition régionale des chaufferies françaises à bois de plus de 50 kW en 2017, source CIBE. Cliquer sur la carte pour l’agrandir.

En 2017, la consommation finale brute de chaleur a atteint 705 317 GWh dont 131 817 GWh de chaleur renouvelable. Ces estimations incluent les données actualisées de l’ADEME, qui font état d’un recul de la consommation de chaleur produite par le bois domestique en 2017.

Répartition du parc d’appareils de chauffage domestique au bois en France en 2017. Sources Ademe, Observ’Er, SDES et SER. Cliquer sur le diagramme pour l’agrandir.

Au final, cette deuxième édition du panorama reflète une stagnation de la consommation de chaleur renouvelable en 2017, le chauffage au bois domestique demeurant le principal contributeur à la pénétration des énergies renouvelables dans le secteur de la chaleur.

>> Télécharger le panorama 2018 de la chaleur renouvelable en France


2018/11/14

Soixante exemples de chaufferies collectives à biomasse en France


Source : Bioénergies International



Soixante exemples de chaufferies collectives à biomasse en France

La chaudière Compte R. du réseau de chaleur “rive droite” de Graulhet dans le Tarn, photo Trifyl

L’Ademe vient de rassembler en un même document, soixante fiches de cas de chaufferies collectives à biomasse et à bois principalement, des projets réalisés dans le cadre de l’accompagnement par le Fonds Chaleur renouvelable, un excellent outil pour tous ceux qui cherchent des informations standardisées sur ce type de projets.

La chaleur renouvelable constitue une réponse concrète aux exigences auxquelles les collectivités sont aujourd’hui confrontées en matière énergétique : exigences économiques, environnementales, technologiques et sociétales. Pour répondre aux besoins de chaleur (chauffage, eau chaude sanitaire, processus), tout en favorisant le développement des énergies renouvelables, les pouvoirs publics français ont créé dès 2009 le Fonds Chaleur, une boite à outils financière gérée par l’Ademe pour aider ces projets.

Dans ce recueil, différentes collectivités témoignent de leur intérêt pour la biomasse-énergie et montrent comment cette énergie renouvelable a apporté de la valeur à leur projet de chaleur ! Ces témoignages renseignés des informations et des chiffres utiles sont classés par région et par secteur d’activité : Centres aquatiques, Enseignement / Logement étudiant, Établissement santé / social, Logements sociaux, Réseau de chaleur rural, Réseau de chaleur urbain ou Réseau de chaleur urbain «grande taille».

Liste des fiches par région

Auvergne – Rhône-Alpes

  • Chaufferies biomasse – Réseaux de chaleur – Coublevie et Voreppe – 38
  • Chaufferie biomasse – Réseau de chaleur – Bourg-en-Bresse – 01
  • Chaufferie biomasse / biogaz Réseau de chaleur – Firminy – 42
  • Création réseau de chaleur et chaufferie biomasse – Riom – 63
  • Création réseau de chaleur et chaufferie biomasse – Belley – 01
  • Chaufferie biomasse et extension du réseau de chaleur du quartier la Gauthière – Clermont-Ferrand – 63
  • Chaufferie biomasse et réseau de chaleur – Chambery Bissy – 73

Bourgogne – Franche-Comté

  • Chaufferie biomasse du centre aquatique – Aquabresse – 71
  • Chaufferie biomasse et extensions sur le réseau de chaleur du quartier Marjorie et Mouillères – Lons-le-Saunier – 39
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur Sainte Geneviève – Auxerre – 89
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur de Fontaine d’Ouche – Dijon Métropole – 21

Bretagne

  • Chaufferie bois Piscine de Concarneau – 29
  • Création chaufferie bois et réseau de chaleur – Landerneau – 29
  • Chaufferie biomasse – Réseau de chaleur – Janzé – 35

Centre – Val-de-Loire

  • Chaufferie bois et extension r.seau de chaleur -Fleury-les-Aubrais – 45

Corse

  • Chaufferie biomasse – Cozzano – 2A
  • Chaufferie au bois d.chiquet. – Serra-di-Scopamena – 2A

Grand-Est

  • Chaufferie bois MGEN – Les Trois-.pis – 68
  • 17 Chaufferies granulés bois SIBAR – Bas-Rhin – 67
  • Création d’un réseau de chaleur avec chaufferie bois – Yutz – 57
  • Réseau de chaleur et chaufferie biomasse – Quartier du Wacken – Strasbourg – 67

Hauts-de-France

  • Chaufferie biomasse du complexe culturel et aquatique Sceneo – Pays de Saint-Omer – 62
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur du Chemin Vert – Boulogne-Sur-Mer – 62
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur du Quartier Etouvie – Amiens – 80
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur – Sin-le-Noble – 59

Île-de-France

  • Chaufferie granules bois et capteurs solaires thermiques Site des Raguidelles – Suresnes – 92
  • Création d’un réseau de chaleur géothermique et bois
  • Eco-quartier des Docks de Ris-Orangis – 91
  • Chaufferie bois sur réseau de chaleur – Nemours – 77
  • Chaufferie bois et réseau de chaleur du SEAPFA – Sevran – 93
  • Chaufferie biomasse réseaux de chaleur – Saint-Denis –
  • Pierrefitte – Stains – l’Ile-Saint-Denis – 93

Normandie

  • Chaufferie biomasse – Réseau de chaleur – Conches-en-Ouche – 27
  • Chaufferie bois et réseau de chaleur – Neufchâtel-en-Bray – 76
  • Chaufferie bois – Flers – 61
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur – Avranches – 50
  • Chaufferie bois et réseau de chaleur – L’Aigle – 61
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur – Mont-Saint-Aignan – 76
  • Chaufferie biomasse et réseau de chaleur – Caen Sud – 14

Nouvelle-Aquitaine

  • Chaudière à bois déchiqueté pour la Résidence du Studel – Poitiers – 86
  • Chaufferie biomasse – Hôpital de Périgueux – 24
  • Chaudière à bois déchiqueté à l’ESAT Henri Bucher de Vivonne – 86
  • Chaufferie bois et r.seau de chaleur Coulounieix-Chamiers – 24
  • Chaudière à bois déchiqueté et réseau de chaleur – Cerizay – 79
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur – La Réole – 33
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur du quartier du Hameau – Pau – 64
  • Chaufferie bois et réseau de chaleur – Quartier de Bacalan – Bordeaux – 33

Occitanie

  • Création d’une chaufferie granulés / plaquettes – Ecole Nationale de l’Aviation Civile – Toulouse – 31
  • Implantation d’une chaufferie biomasse Centre Hospitalier de Langogne – 48
  • Chaufferie bois et r.seau de chaleur du Centre Hospitalier de Carcassonne – 11
  • Chaufferie biomasse Office public de l’habitat – Rodez – 12
  • Chaufferie bois et réseau de chaleur – Graulhet – 81
  • Création du réseau de chaleur et de la trigénération bois du quartier Port Marianne – Montpellier (34)

Pays-de-Loire

  • Chaufferie biomasse centre aquatique – Les Achards – 85
  • Réseau de chaleur – Association d’établissements d’études supérieures – Nantes – 44
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur du CHU – Angers – 49
  • Réseau de chaleur et chaufferie bois – Gorron – 53
  • Chaufferie biomasse réseau de chaleur – Evron – 53

Provence-Alpes-Côte d’Azur

  • Chaufferie bois du Centre Hospitalier Intercommunal des Alpes du Sud – Gap (05)
  • Chaufferie biomasse et réseau de chaleur du Secteur Gare – Embrun – 05
  • Chaufferie biomasse et réseau de chaleur – Martigues – 13
  • Chaufferie biomasse et réseau de chaleur – Encagnane Fenouilleres – Aix-en-Provence – 13

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2018/10/31

Visite en Pays de Bray, 5 novembre 2018, la haie productrice de bois-énergie


Source : Bioénergies International



Visite en Pays de Bray, 5 novembre 2018, la haie productrice de bois-énergie

Vous êtes technicien ou élu en charge de l’environnement, du développement durable, du PCAET, de l’économie circulaire, de l’énergie, de l’eau, de l’aménagement, du tourisme, savez-vous que la gestion des haies constitue une réponse transverse aux enjeux de votre territoire ?

Production de bois-énergie bocager en Pays de Bray, photo ARE Normandie

Dans le cadre de la formation gratuite organisée par l’ALEC 27 en partenariat avec l’Agence de l’eau Seine Normandie sur La haie et ses atouts pour votre territoire et après les deux jours de formation technique qui ont eu lieu les 22 et 29 mai à Rouen, l’ALEC 27 propose une visite en Pays-de-Bray sur le thème de la structuration d’une filière bois-bocage-énergie en partenariat avec l’ARE Normandie lundi 5 novembre 2018 de 9h à 17h30.
Ateliers collectifs animés par l’ALEC 27.

Renseignements auprès de Simon Le Brun : 06 87 39 21 07 ou simon.lebrun@alec27.fr


Salon Bois Energie “Industrie et collectivités” les 30 et 31 janvier 2019 à Rennes


Source : Bioénergies International



Salon Bois Energie “Industrie et collectivités” les 30 et 31 janvier 2019 à Rennes

Le focus du Salon Bois Energie 2019 est l’énergie à partir de bois et de déchets de bois pour les secteurs de l’industrie et des collectivités.

Les combustibles du bois issus des résidus forestiers, les déchets du bois “en fin de vie” ou encore les déchets du bois issus des processus industriels sont les matières premières principales pour la création d’énergie pour l’Industrie et les Collectivités sous forme de chauffage, chauffage et électricité et éventuellement de méthane (via la méthanation du syngas) ainsi que la production de combustibles bois à haut pouvoir calorifique tels que les black pellets ou la bio-huile.

Un large programme pour les deux jours incluant un riche programme de conférences internationales avec traduction simultanée, des Rendez-Vous d’Affaires Internationaux, des visites techniques, le Concours de l’Innovation etc… et trois événements complémentaires en parallèle pour l’énergie biomasse et le traitement de l’eau font de Bois Energie le rendez-vous incontournable pour 2019 !

De plus, Bois Energie se déroulera en parallèle avec trois autres Salons sur des domaines liés :

  • Biogaz Europe : est le salon précurseur international pour le gaz vert renouvelable – c’est à dire le biogaz, le biométhane (injection, méthanation) et le biognv – qui est produit à partir des flux de déchets organiques.
  • ReGen Europe : un nouveau salon dédié à la valorisation énergétique et aux sous-produits issus des flux de biomasse et des déchets.
  • Carrefour de l’Eau : tous les aspects liés à la gestion et au traitement de l’eau

Chiffres clés de Bois Energie 2019 :

  • 100 exposants de toute l’Europe
  • 2 000 visiteurs professionnels sur les deux jours

Pour plus de détails, merci de consulter le site internet


2018/10/30

Le coût de production du biométhane peut baisser de 30 % d’ici 2025-2030


Source : Bioénergies International



Le coût de production du biométhane peut baisser de 30 % d’ici 2025-2030

À travers la Loi relative à la Transition Énergétique pour la Croissance Verte, la France s’est dotée d’un objectif d’intégration de 10% de gaz renouvelable dans sa consommation totale de gaz à horizon 2030. En plein développement, la filière biométhane française contribue à l’atteinte de cet objectif.

Des acteurs clefs représentants de la filière (GRDF, GRTgaz, le Club Biogaz de l’ATEE et le Syndicat des Énergies Renouvelables), se sont associés dans l’élaboration d’une feuille de route industrielle pour renforcer la compétitivité de la filière biométhane française. Cette feuille de route a été partagée avec de nombreuses parties prenantes de la filière (développeurs de projet, bureaux d’étude, équipementiers, financeurs, etc.). Celles-ci ont été sollicitées à la fois dans la collecte de données et pour apporter un regard critique sur les différentes hypothèses et analyses formulées. L’ADEME et la DGE ont également été engagées dans le suivi de ce travail.

L’étude a été conduite par ENEA Consulting, société internationale de conseil en stratégie, spécialiste de la transition énergétique et environnementale; et par ASTRADE, bureau d’études reconnu sur la filière méthanisation. SOLAGRO, bureau d’études, a apporté un regard critique sur la méthodologie et les hypothèses retenues, en tant que Comité de revue.

Une première synthèse des résultats est proposée à travers ce document. Un coût de production du biométhane entre 65€/MWh et 85€/MWh est atteignable dès 2030 sur la base de leviers de compétitivité déjà identifiés, soit une baisse de l’ordre 30% du coût de production par rapport à la situation actuelle.

L’ensemble des hypothèses, analyses et résultats seront partagés prochainement dans un rapport public.

Pour en savoir plus : www.enea-consulting.com


2018/10/26

Les lauréats de l’appel à projets Biomasse Chaleur Industrie Agriculture et Tertiaire (BCIAT) 2018


Source : Bioénergies International



Les lauréats de l’appel à projets Biomasse Chaleur Industrie Agriculture et Tertiaire (BCIAT) 2018

La papeterie Saïca de Venizel vient d’installer une chaudière biomasse de 44 MW dans le cadre du Fonds Chaleur, photo Frédéric Douard

L’aide du Fonds Chaleur vise à assurer la rentabilité de projets de production de chaleur à partir de biomasse en répondant à la fois aux enjeux économiques et environnementaux tout en s’intégrant aux activités des entreprises. Depuis 2009, l’appel à projets BCIAT a permis la réalisation de 106 installations de grande taille et la production de plus de 6 TWh/an couvrant une diversité de besoins (process de production, chauffage…) et de secteurs d’activité (agroalimentaire, chimie, etc.).

En près de 10 ans, les technologies de combustion n’ont cessé de gagner en maturité et en performance notamment d’un point de vue énergétique avec des rendements supérieurs à 85%. Un partenariat solide avec les fournisseurs locaux de biomasse, une logistique de réception et contrôle du combustible (comme pour toute matière première) permettent de maitriser la ressource énergétique et sa qualité. La biomasse participe à la réduction de la production de CO2 d‘origine fossile et les technologies des filtrations des fumées répondent aux exigences sur la qualité de l’air.

L’AAP BCIAT compte pour son édition 2018 sept lauréats pour un montant total d’aides de 26,6 millions d’euros et 70 millions d’euros d’investissement. Les lauréats sont issus d’une grande diversité de secteurs d’activités avec des besoins différents tant en terme de puissance que de technologies de production. Cette édition confirme la tendance de ces deux dernières années à l’augmentation de l’utilisation de bois déchets comme combustible. Cette part s’élève cette année à environ 60 % de la consommation de biomasse totale pour l’ensemble des projets. On note également un retour des installations fonctionnant avec des plaquettes forestières.

Voici la liste des projets lauréats pour l’édition 2018 :

Lauréats

Secteurs

Régions

Production en GWh/an

DROME ARDECHE ENROBES

Matériaux

AURA

11,9

VOLTINOV – ALSAPAN

Bois

Grand Est

6,6

CAPDEA

DéshydratationProduits agricoles

Grand Est

29,9

ENGIE – NOVO NORDISK

Pharmacie

Centre- VdL

23,1

SAS SOKA

Matériaux

Bretagne

37

GUYOT ENVIRONNEMENT

Laiterie

Bretagne

57,6

TARANIS du ROUVRAY

Papier/carton

Normandie

237,6

 

 

Total

464

Zoom sur trois projets de l’appel à projets BCIAT 2018

Société Kaolinière Armoricaine – Projet de chaufferie biomasse

Le projet de chaufferie biomasse de 8 MW de la Société Kaolinière Armoricaine (Soka) s’inscrit dans une démarche d’écologie industrielle et territoriale et d’optimisation des flux dans le département des Côtes-d’Armor. Soka qui voit son activité de production de kaolin augmenter, souhaite diminuer sa dépendance aux énergies fossiles et utiliser une ressource locale pour produire son énergie. Les bois en fin de vie issus du territoire serviront de combustible pour alimenter la future chaudière biomasse de Quessoy. Ainsi, une partie des déchets de bois collectés par le syndicat Kerval Centre Armor et par l’entreprise Guyot Environnement qui, jusqu’à présent était destinée à l’exportation ou à l’enfouissement, sera valorisée énergétiquement et localement.

Novo Nordisk – Projet de chaufferie biomasse

Le projet a pour but l’implantation par Engie d’une chaufferie biomasse de 4,2 MW pour la production de vapeur du site Novo Nordisk de Chartres (Eure-et-Loir), unité de production d’insuline, en utilisant une ressource biomasse majoritairement à partir de plaquettes forestières issus de zones situées à moins de 150 km autour de Chartres. A ce jour, le département d’Eure et Loire ne comporte aucun projet bois-énergie structurant sur cette ressource biomasse hormis le projet en cours de réseau de chaleur de la Ville de Chartres (en développement et partiellement sur d’autres types de biomasse). Ainsi le projet doit permettre de renforcer la filière bois-énergie sur ce département Enfin le projet sera créateur de valeur ajoutée tant pour le territoire qu’au niveau national en faisant appel à des fournisseurs et équipementiers majoritairement français et régional le cas échéant.

Capdéa – Projet de chaufferie biomasse

CAP DEA est une coopérative agricole de l’Aube créée en 1971 spécialisée dans la déshydratation de produits agricoles. Le volume d’activité dépend de la variabilité des rendements agricoles pour les trois productions principales (luzerne, œillette, pulpes de betteraves). Des sécheurs charbon/gaz existants seront adaptés pour pouvoir injecter de la biomasse en substitution du charbon, et assurer les besoins de chaleur conséquents de ce type d’installations d’une puissance totale de 72 MW. La coopérative souhaite préparer son évolution industrielle en anticipant de nouvelles contraintes, normes, contexte fiscal qu’elle pourrait subir dans les dix prochaines années. Ces perspectives ont été listées, évaluées et elles militent pour la construction d’outils plus performants tant en terme d’efficacité énergétique, que de diminution des impacts, notamment en utilisant plus de biomasse dans le mix énergétique.

Pour en savoir plus :


15 novembre 2018, troisièmes assises nationales des carburants alternatifs


Source : Bioénergies International



15 novembre 2018, troisièmes assises nationales des carburants alternatifs

Pour la première fois en France, avec le soutien de l’ADEME, hôte de l’évènement à Sophia Antipolis, les organisateurs de l’événement font le pari de rassembler les acteurs de la mobilité des filières Biogaz/Électricité/ Hydrogène pour partager les besoins métiers et les solutions produits à destination des flottes captives : véhicules lourds et VUL. Cet engagement des professionnels du transport sera éclairé par la dimension prospective de l’intégration de 100% d’énergies renouvelables dans les transports à l’horizon 2050.

Matin : Témoignages d’acteurs engagés

  • De l’Objectif 2050 100% d’ENR Transports & la réalité 2018, quelle dynamique ?
  • Comment intégrer les carburants alternatifs dans sa flotte captive Bus & Cars ?
  • De l’importance de l’écosystème territorial pour dynamiser la filière poids lourds
  • Des entreprises pionnières dans l’intégration des carburants alternatifs

Après midi : Besoins & enjeux des professionnels pour s’emparer de la transition énergétique

  • Table ronde : Panorama & enjeux de la recharge des carburants alternatifs
  • Focus technique sur les options de recharge bus & car électrique, GNV, hydrogène
  • Proviridis : point de vue & roadmap des véhicules lourds
  • Table ronde : Comment adresser le bon carburant alternatif pour le bon usage ?
  • Table ronde : Comment « faire écosystème » pour planifier les investissements ?

Lieu : ADEME, 500 route des Lucioles 06560 Valbonne / Sophia-Antipolis
Prix : 200 € Entreprises et 150 € Collectivités

>> Inscription

En savoir plus : www.lnrconseil.com


2018/10/25

Le bois, première source d’énergie des réseaux de chaleur des Hauts-de-France


Source : Bioénergies International



Le bois, première source d’énergie des réseaux de chaleur des Hauts-de-France

L’Observatoire Climat des Hauts-de-France publie une fiche de synthèse sur les principaux réseaux de chaleur de la région : énergies utilisées, chaleur produite, usagers, évolution de la production renouvelable…

Carte des réseaux de chaleur en Hauts-de-France, source Observatoire Climat

La région compte 43 réseaux de chaleur de plus de 2 MW, dont 32 utilisent une ou plusieurs énergies renouvelables dont une écrasante majorité de bois-énergie. Et le bois-énergie ne représente pas seulement la première énergie renouvelable des réseaux de chaleur des Hauts-de-France, mais aussi la première énergie tout simplement devant la chaleur de cogénération aux énergies fossiles.

Mix énergétique & diversité d’usagers dans les réseaux de chaleur des Hauts-de-France, source Observatoire Climat

Ces réseaux de chaleur livrent chaque année 1472 GWh de chaleur dont 39% produits sur base renouvelable. Cette production correspond à l’alimentation de 122 692 éq. logements.

Evolution de la livraison de chaleur dans les réseaux de chaleur des Hauts-de-France, source Observatoire Climat

Notons également que l’objectif de la région Hauts-de-France est de parvenir à un mix 100% renouvelable en 2030.

Part de la chaleur d’origine renouvelable dans les réseaux de chaleur des Hauts-de-France, source Observatoire Climat

Pour en savoir plus :


2018/10/19

La méthanisation, une contribution majeure du monde agricole pour le climat


Source : Enerzine.com



La méthanisation, une contribution majeure du monde agricole pour le climat

L’association France gaz renouvelables présente dans un livre blanc, la contribution essentielle de l’agriculture et des écosystèmes – via les gaz renouvelables – pour atteindre l’objectif (volontariste) du gouvernement de neutralité carbone en 2050. Les activités liées à la production, à l’utilisation et à la transformation de la biomasse placent l’agriculture au centre des enjeux de lutte contre le changement climatique.

L’agriculture est indéniablement une solution pour le climat, et la production d’énergie une des réponses essentielles pour l’avenir de l’agriculture. Cette dernière adapte sans cesse ses pratiques pour diminuer son impact sur l’environnement et offre aujourd’hui des solutions concrètes pour contribuer à réduire l’émission de gaz à effet de serre. Le poids et la diversité de l’agriculture française et de l’agroforesterie participent à accroitre le puits de carbone national.

Avec un gisement de matière méthanisable détenu à 90% par le monde agricole, l’essor des gaz renouvelables constitue une réponse prometteuse aux enjeux du monde agricole, de l’environnement et de la lutte contre le changement climatique.

Aujourd’hui on estime à 20%* la contribution de l’agriculture à la production d’énergies renouvelables en France pour un chiffre d’affaires direct généré pour le secteur agricole de 1,4 milliards d’euros*. En outre le produit issu de la matière, le digestat, permet de reconquérir la qualité de l’eau grâce à une meilleure assimilation par les plantes.

Les gisements de biomasse disponibles, après un usage prioritaire pour satisfaire les besoins alimentaires, et sous réserve de créer les conditions de leur mobilisation, permettront une contribution forte de l’agriculture à la production d’énergie renouvelable mais aussi le développement d’une économie circulaire pour les territoires (via le traitement et la valorisation des gisements agricoles et des déchets biodégradables). La diversification énergétique est enfin une solution permettant aux agriculteurs de s’assurer un revenu supplémentaire et ainsi de sécuriser l’avenir de leurs exploitations en favorisant le développement d’une agriculture durable et pérenne économiquement. Alors que l’on compte aujourd’hui quelques centaines d’installations de méthanisation agricoles ce sont plusieurs milliers de nouveaux sites qui devraient voir le jour à horizon 2030.

La nécessaire prise en compte des gaz renouvelables dans la Stratégie Nationale Bas Carbone

Les gaz renouvelables sont non seulement écologiques mais aussi économiquement viables : avec une valeur ajoutée et de nombreuses externalités positives de la filière qui resteront captées par la France, ses agriculteurs et ses territoires.

France gaz renouvelables soutient dès lors une ambition forte pour la place des gaz renouvelables, dans un futur mix énergétique de la France basé sur la complémentarité des énergies. À horizon 2050, les gaz renouvelables, avec une production cible annuelle de l’ordre de 270 TWh, pourraient satisfaire 30% des besoins énergétiques du pays, en apportant en sus les bénéfices de la flexibilité et des grandes capacités de stockage des réseaux gaziers. La prise en compte de cette contribution des gaz renouvelables dans la nouvelle Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) ainsi que dans sa déclinaison par la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) est donc essentielle pour ancrer et sécuriser le décollage de la filière.

L’ensemble des partenaires de l’association partage le constat que l’essor des gaz renouvelables repose sur la capacité de mobilisation et de convergence d’une grande diversité d’acteurs et nécessite de créer une adhésion politique et sociétale d’envergure. Sous réserve d’apporter la visibilité politique, la stabilité et l’accompagnement nécessaire, la méthanisation peut se développer fortement et être un levier essentiel tant d’une agro-écologie performante que pour la production d’énergie renouvelable. « L’ambition est forte, nous plaçons la part du gaz renouvelables dans le futur mix-énergétique à hauteur de 30% des besoins en 2030 et cet avenir se joue dès aujourd’hui » précise Jacques-Pierre Quaak, président de FGR.

* Source ADEME

France gaz renouvelables

Fondée en 2018, l'association France gaz renouvelables rassemble l'AAMF, les Chambres d'Agriculture France, le Club Biogaz ATEE, la FNCCR, la FNSEA, France biométhane, GRDF et GRTgaz. Elle a pour objectif de promouvoir la place des gaz verts dans le mix énergétique français.

Ouverte et à but non lucratif, FGR entend fédérer les différentes initiatives liées à l'essor des gaz renouvelables et permettre la création d'un écosystème au sein duquel le monde agricole et le monde de l'énergie seront au service des territoires et de la transition énergétique.


2018/10/05

Quand la Chine s’éveillera… à la biomasse


Source : Bioénergies International



Quand la Chine s’éveillera… à la biomasse

Article paru dans le Bioénergie International n°53 de janvier-février 2018

Photo Université Jiao Tong de Shanghai

Le SPEIT, pour Shanghai ParisTech Elite Institute of Technology, est une école d’ingénieurs franco-chinoise née du partenariat de l’université Jiao Tong de Shanghai et de quatre écoles françaises : ENSTA ParisTech, Télécom ParisTech, École Polytechnique et MINES ParisTech. Elle a accueilli ses premiers élèves ingénieurs le 13 septembre 2012. Pour valider leurs diplômes, les étudiants chinois doivent réaliser une période d’études ou de stage en France et de leur côté, les étudiants des écoles fondatrices, ainsi que d’autres écoles de l’institut Mines – Télécom, ont la possibilité de suivre une partie de leur cursus à Shanghai.

Le SPEIT à Shanghai, photo Université Jiao Tong

Les étudiants du SPEIT suivent un cursus de six ans et demi, basé sur un enseignement trilingue (français, chinois et anglais) et peuvent s’orienter vers trois spécialités : le génie mécanique, les technologies de l’information et de la communication et enfin l’ingénierie de puissance et de l’énergie. Dans le cadre de l’option Énergie, les étudiants reçoivent des cours magistraux d’au moins 16 heures dans chacun des domaines suivants : solaire, éolien, management de l’énergie, efficacité énergétique et biomasse.

Jean Jacques Rousseau et Joaquim Nassar en présence de quelques étudiants chinois en cours de biomasse, photo JJR

Cette année le thème du projet énergie (32 h de travaux) avait pour objectif de proposer une piscine neutre en carbone et les étudiants ont proposé la biomasse en solution alternative au charbon. Il faut savoir que ce cursus a été décidé en accord et à la demande de l’université de Shanghai et que si un tel engouement pour la biomasse s’est manifesté, c’est qu’une demande sous-jacente de compétences existe.

Appréhender la Chine

Echoppe traditionnelle à Shanghai fonctionnant au charbon, photo JJR

Si la population chinoise commence à prendre conscience des dangers et des risques de la pollution et du gaspillage énergétique, les Chinois ont du mal à s’adapter. Ainsi, témoin d’une évolution à marche forcée, on peut voir à Shanghai se côtoyer des bâtiments impressionnants du 21ᵉ siècle et des pratiques millénaires quant au mode de vie, en témoignent un peu partout dans l’ancien Shanghai, les canards pendus par la tête sur le rebord des échoppes.

Autre chose fondamentale pour comprendre : l’État, ou peut être plutôt les organes centraux du Parti, décide de tout. Par exemple en septembre 2017, l’État décide que les constructeurs automobiles devront vendre à minima 20 % de voitures électriques dés 2018 sous peine d’amendes significatives.

Un autre aspect des choses tient à la masse de population. Les grandes villes sont à l’échelle d’un pays entier et Shanghai par exemple ne compte pas moins de 26 millions d’habitants. Alors y construire un nouveau quartier, c’est tout de suite construire plusieurs milliers de logements, bien sûr collectifs sur quelques milliers de m².

Vue sur Shanghai en bordure du Huangpu, photo JJR

La Chine est par ailleurs devenue le premier marché mondial des énergies renouvelables avec une forte croissance attendue dans les années à venir. Rappelons sur ce point que le pays est depuis fort longtemps le principal producteur de panneaux solaires dans le monde et que le ralentissement de la demande des pays développés a entraîné un fort marasme chez les constructeurs chinois. Dès lors, le gouvernement a décidé de mettre en œuvre des parcs solaires à l’échelle du pays.

Urbanisation de Shanghai, photo JJR

Sur la filière éolienne, les Chinois n’étaient pas au départ des sachants. Ils ont découvert la technologie via des co-entreprises et sont devenus des acteurs dominants du marché.

Habitat collectif à Shanghai, photo JJR

Depuis peu, la Chine a mis en place des quotas pour l’électricité renouvelable : les gestionnaires de réseau électrique de chaque province ont désormais pour obligation d’intégrer à l’électricité distribuée une part d’électricité renouvelable allant de 5 % à 13 % de l’électricité totale. Les producteurs d’électricité devront, eux, produire au minimum 9 % d’électricité renouvelable dès 2020 ou acheter les certificats correspondants à des tiers. Mais attention néanmoins à ce chiffre puisqu’il n’est pas rare qu’en Chine on intègre le nucléaire dans les énergies renouvelables.

D’un point de vue politique, conformément au 13e Plan Quinquennal (2016-2021), la Chine devrait mettre en œuvre 1 300 GW d’énergies renouvelables (solaire, éolien et biomasse) d’ici 2021. Si ces énergies se développent pour la production d’électricité, elles augmentent aussi significativement dans la production de chaleur. Actuellement essentiellement produite en cogénération charbon, ce mode de production de la chaleur freine la production d’électricité renouvelable pendant ces périodes de froid intense. L’adoption de nouvelles mesures sera donc nécessaire pour tenir l’objectif.

La biomasse en Chine

Rappelons que la Chine est, avec une capacité de 3,5 à 4 millions de tonnes par an, déjà le troisième producteur mondial de biocarburants. Elle est sur cette question en pointe dans l’utilisation de ces carburants dans l’aéronautique avec de nombreux essais réalisés. Ces biocarburants sont essentiellement produits à base de céréales non alimentaires et d’huiles usagées.

En ce qui concerne la biomasse solide et le biogaz, le plan prévoit les objectifs suivants en 2020 :

  • Pour les déchets agricoles, forestiers et cultures énergétiques : 24 GW (en partant de 4 GW en 2010), ce qui représente la mobilisation de 58 millions de tonnes de biomasse par an dès 2020.
  • Pour le biogaz agricole : 3 GW en 2020, soit 12,6 Mtep (en partant de 1 GW en 2010, soit 3,6 Mtep.

La Chine produit actuellement environ 1000 millions de tonnes de biomasse par an (460 millions de tonnes équivalent charbon) mais en l’absence de technologies l’essentiel de ce potentiel n’est pas valorisé.

Photo Jean-Jacques Rousseau

Pour y remédier le gouvernement met en place des politiques visant à soutenir et encourager la construction de centrales de cogénération. Ceci devra permettre le démantèlement de centrales à charbon.

Outre la réduction des émissions de CO2, de dioxyde de soufre et de poussières, cela permettra de valoriser les ressources naturelles tels que les résidus forestiers et de récoltes qui sont actuellement laissés ou brûlés sur place, générant des pollutions atmosphériques colossales.

Enfin, notons que le 19e Congrès national du Parti communiste chinois a élaboré un plan pour promouvoir l’industrie sylvicole et accroître ses ressources forestières jusqu’au niveau de la moyenne mondiale d’ici 2050. Ceci passe par la plantation de milliards d’arbres, dont 66 milliards ont déjà été plantés depuis 1978 rien que sur la grande muraille verte qui doit stopper et même reboiser le désert de Gobi.

La grande muraille de chine envahie par la forêt, photo JJR

M. Zhang, Directeur du Bureau National des Forêts, a indiqué qu’à l’horizon 2050, le stock forestier du pays devrait s’élever à 26,5 milliards de mètres cubes, et que les progrès technologiques devraient contribuer à hauteur de 72 % à la croissance de l’industrie sylvicole.

“Les ressources sylvicoles inadéquates étaient une cause importante de l’écologie fragile de la Chine et de la pénurie de produits écologiques”, a indiqué M. Zhang.

Afin d’améliorer cette situation, le bureau politique a fixé des objectifs en plusieurs phases pour réaliser la modernisation sylvicole du pays.

En conclusion, avec un accroissement annuel de près de 1 000 millions de tonnes de biomasse (10 fois l’accroissement de la France métropolitaine en bois et résidus agricoles confondus), la ressource est là et ne fera que s’accroître dans le nouveau contexte politique, sauf que pour l’instant les technologies ne sont pas massivement au rendez-vous…

Le point commercial

Pour en revenir aux études de cas des étudiants du SPEIT, pour qui j’ai eu le privilège de donner les cours d’énergétique appliquée à la biomasse, les conclusions pour des piscines neutres en carbone, donc pour de petites puissances, ont été de brûler du granulé de bois, disponible à bon prix en Chine, et pour l’instant provenant des États-Unis !

Cours de biomasse à Shanghai par Jean Jacques Rousseau, photo JJR

Concernant les opérations commerciales françaises, notons deux contrats récents pour la réalisation de centrales à biomasse :

  • Véolia a remporté un contrat de 341 M€ sur 25 ans en mai 2017 pour la construction, l’exploitation et l’entretien d’une centrale biomasse qui produira de l’électricité et de la vapeur pour trois clients de l’industrie chimique et de la construction,
  • EDF, à l’occasion de la visite d’Emmanuel Macron en janvier 2018, a signé un contrat de 30 ans avec la ville Lingbao pour construire et exploiter une centrale de cogénération de 35 MW qui fournira de l’électricité et du chauffage à environ 25 000 foyers de la ville avec une mise en service prévue début 2019. Cette centrale sera alimentée par des résidus des cultures arboricoles.

Les perspectives

Alors qu’en France et en Europe les perspectives commerciales pour les entrepreneurs, tant en amont qu’en aval de la filière biomasse, sont difficiles, il semble qu’une importante perspective puisse voir le jour en Chine où la ressource est présente mais où la technologie, en particulier en agro-biomasse, est largement insuffisante.

Montagne en Chine, photo Jean-Jacques Rousseau

Pourquoi dès lors ne pas essaimer les savoir-faire via notre école franco-chinoise, via les institutions françaises en place (Ambassade et Consulats), via nos jeunes ingénieurs formés aux techniques de la biomasse, via les industriels français et européens ?

« Quand la Chine s’éveillera », écrivait Alain Peyrefitte en 1973, nous pourrons alors proposer nos techniques pour des installations quelquefois plus modestes que celles citées en références et faire « tourner » les savoirs dans l’Empire du Milieu.

Contacts :

Jean Jacques Rousseau, enseignant vacataire au SPEIT


Le Fonds chaleur : le MTES étudie son évolution


Source : Réseaux de chaleur



Le Fonds chaleur : le MTES étudie son évolution

Par lettre de mission en date du 19 décembre 2017, le Ministre d’État du Ministère de la Transition écologique et solidaire a souhaité que soit étudiés l’opportunité et les modalités de transformation des aides à l’investissement du Fonds chaleur en aide à la production de chaleur renouvelable.

Le 25 septembre dernier, le rapport de cette mission a été publié par le Conseil Général de l’Environnement et du Développement durable (CGDD) et le Conseil général de l’Économie, de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies (CGE).

Le document remis au Ministère de la Transition écologique et solidaire (MTES) propose un retour sur les différents mécanismes de soutien aux énergies renouvelables, notamment la chaleur, et le froid, renouvelable. Les alternatives possibles au mécanisme actuel du Fonds chaleur sont analysées et couplées aux résultats d’auditions des professionnels de la filière étudiée. Ces résultats permettent ensuite de dégager deux axes de propositions : réglementaires et techniques. Par ailleurs, il est rappelé l’intérêt pour la filière de maintenir, voire renforcer, son argumentaire en ce qui concerne son indépendance au marché des énergies fossiles.

En substance, la mission considère qu’une modification du Fonds chaleur, d’aides à l’investissement en aide à la production n’est pas opportun. Elle propose de consolider le modèle existant et d’agir sur des pistes concrètes au délai opérationnel réduit. La mission suggère enfin d’opérer un transfert maîtrisé et juste des aides aux énergies renouvelables électriques vers les thermiques. Pour cela, une attention particulière devra être portée au cas de la cogénération afin d’appréhender précisément sa contribution à la chaleur.

Pour en savoir plus

Rapport de la mission portant sur la transofrmation des aides à l’investissement du Fonds chaleur en aides à la production de chaleur renouvelable


2018/10/04

Optimiser les chaînes logistiques de la biomasse agricole


Source : Bioénergies International



Optimiser les chaînes logistiques de la biomasse agricole

Article paru dans le Bioénergie International n°51 de septembre-octobre 2017

Hangar de stockage de miscanthus, photo Colin-Energies

Le développement des filières de valorisation des coproduits agricoles offre de nouvelles opportunités de diversification aux exploitations agricoles. Apportant un revenu complémentaire aux activités de collecte et de transformation, elles sont un atout pour le secteur agricole. Toutefois, pour être compétitives, notamment face aux énergies fossiles, les filières biomasse doivent continuer à innover et à optimiser leurs processus. Une étude portant sur l’optimisation des filières logistiques biomasse agricole a ainsi été réalisée par les partenaires du Réseau Mixte Technologique (RMT) Biomasse et Territoires, dans une volonté d’accompagner les porteurs de projet dans la mise en place de leurs chaînes de valorisation.

Taillis de saule récoltés au Biobaler, photo Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France

Par le terme très générique de biomasse agricole, les acteurs des différentes filières impliquées désignent l’ensemble des coproduits, déchets, cultures énergétiques, pouvant être utilisés à d’autres fins que les fins alimentaires (humaines ou animales). La biomasse agricole regroupe donc un ensemble de matières hétérogènes, aux propriétés, rendements ou itinéraires culturaux variés. À cette grande diversité de matières premières peut être associée une aussi grande diversité d’utilisations. La méthanisation, la filière matériaux biosourcés, la combustion ou la production de biocarburants trouvent ainsi leurs lettres de noblesse sur le marché de la biomasse agricole alors que d’autres voies de valorisation sont, par exemple, explorées en chimie verte ou en pyrogazéification.

Des chaînes logistiques complexes …

Culture principale, résidu ou coproduit, matière sèche ou humide, densité faible, dispersion des parcelles agricoles ou production de la matière première sur un site industriel, à destination d’une filière à plus ou moins haute valeur ajoutée, dépendant ou non de normes précises … La complexité des chaînes de valorisation de la biomasse agricole est aussi variable que ses propriétés et ses débouchés. La logistique induite doit pouvoir s’adapter à cette complexité. L’organisation des chaînes de valorisation doit ainsi être réfléchie en amont par les porteurs de projets.

Ensilage d’herbe à éléphants, photo Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France

Qu’est-ce qu’une chaîne logistique ?

La logistique représente l’ensemble des moyens permettant de collecter et d’acheminer la matière au consommateur à partir de la parcelle agricole, conditionnée par le cahier des charges de l’utilisateur final. Elle regroupe un ensemble de moyens matériels (engins de récolte, camions, zones de stockage) mais également techniques (outils de modélisation ou de traçabilité) ou humains (organisation des tournées, gestion du personnel) permettant de répondre à la demande du client.

Les principaux acteurs pouvant être impliqués à chaque étape de la chaine logistique.

Une vraie plus-value dans l’optimisation des processus …

Il faut dire que les enjeux sont grands. L’organisation de la chaîne logistique influence drastiquement les coûts, permettant d’augmenter la rentabilité des filières et de pouvoir faire face à la concurrence d’autres usages. La logistique est ainsi un gisement de valeurs ajoutées, mais sa gestion est complexe. Avant tout, la logistique doit être adaptée, aucun modèle général ne pouvant être utilisé tel quel. Elle va dépendre de réglementations locales, de l’acceptation des riverains, de la valorisation d’infrastructures existantes, de l’éparpillement des parcelles et de la volonté des agriculteurs à travailler ensemble pour le développement de cette nouvelle filière. Le porteur de projet doit donc travailler avec ses parties prenantes pour lancer son projet, recevant le soutien des acteurs locaux et réussissant à convaincre ses détracteurs du bien-fondé de sa démarche.

Pressage de miscanthus avec presse Kuhn, photo Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France

… mais un vrai manque d’informations sur leur organisation

En s’intéressant aux processus d’optimisation logistique des filières biomasse agricole, les membres du RMT Biomasse et Territoires ont fait le constat d’une quasi absence d’information du champ à l’entrée sur site de valorisation, que ce soit en termes technologiques ou de coût. Les filières de biomasse-énergie étant relativement nouvelles et les projets actuels isolés et ponctuels, aucune étude ne permet de mettre en évidence les connaissances acquises.

Pressage de panic érigé, photo Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France

En s’appuyant sur une vingtaine de sites des filières méthanisation, combustion et matériaux biosourcés, ainsi que sur les documents existants, les partenaires de l’étude menée en 2016 ont établi des recommandations, principalement à destination des porteurs de projets de petite et moyenne dimension ayant diversifié leur activité.

Cinq recommandations aux porteurs de projet

Le stockage et le tri des céréales génére des sous produits appelés issues de silos, photo Coopénergie

1- Partir du cahier des charges du client pour bâtir son projet : il conditionne l’organisation de l’ensemble des étapes de la chaîne logistique. Les différentes étapes de sa chaîne d’approvisionnement n’ont vocation qu’à faire correspondre les propriétés de la matière première et la demande du client. Il est donc essentiel d’avoir à sa disposition des informations précises sur les caractéristiques de la biomasse agricole ainsi qu’un cahier des charges détaillé du consommateur final avant de définir ses étapes de transformation, stockage, transport…

2- Prendre en compte la biomasse disponible et ses propriétés dès le montage du projet : la comparaison entre les propriétés de la biomasse disponible et la demande du client définissent les étapes logistiques à réaliser. Ainsi, une différence de saisonnalité entre les mois de production de la biomasse et la demande du client va entraîner des étapes de stockage ; les distances entre fournisseurs et consommateurs vont impliquer des étapes de transport ; une variation entre le taux d’humidité au champ et celui demandé par l’utilisation va entraîner une étape de séchage, etc.

3- Valoriser les structures disponibles sur le territoire ou monter des partenariats avec les entreprises possédant les équipements nécessaires au déploiement de la chaîne logistique. La valorisation d’infrastructures préexistantes permettra de réduire drastiquement les investissements nécessaires et d’ainsi augmenter la rentabilité du projet.

Stockage couvert de paille, photo Coopénergie

4- Optimiser un maillon de la chaîne de valorisation, ce n’est pas optimiser toute la chaîne. Les ruptures de charge peuvent intervenir à tout moment dans la chaîne logistique et sont particulièrement coûteuses (temps nécessaire, personnes et équipements mobilisés). Les goulots d’étranglement ralentissent quant à eux les étapes de la chaîne et contraignent les vitesses de production. Le porteur de projet se doit donc de garder une vision globale de sa chaîne et de s’interroger sur la nécessité des différentes étapes et donc des différentes ruptures de charge.

5- Bien comprendre les besoins des parties prenantes et travailler avec elles au déploiement du projet. Il est essentiel de prendre en compte les différentes attentes de chacun des acteurs de la chaîne logistique, qu’ils supportent ou s’opposent au projet. Il est à noter que les attentes des parties prenantes ne sont pas toutes économiques : réduction de pollution, gestion des nuisances, développement des énergies renouvelables, création de nouveaux marchés ou d’emplois sur le territoire sont autant d’externalités positives qui peuvent intéresser les partenaires.

Stockage extérieur de paille de céréale, photo Coopénergie

Les principales propriétés des différentes options de stockage de la biomasse agricole

TYPE DE STOCKAGE

AVANTAGES

INCONVÉNIENTS

COÛT (base balle carrée standard)

CONDITIONNEMENT A PRIVILÉGIER

Bord de champ (ou sur sol non bétonné)

Coûts faibles (manutention essentiellement)

Pertes de matière au stockage, humidité difficile à contrôler

< 5 € / t / an

Vrac, balle ronde ou carrée

Dalle béton, couvert ou non par une bâche ou un géotextile, ventilé ou non

Investissement limité, adapté au stockage de courte durée pour de la biomasse sèche, ou pour le stockage de biomasse humide sous forme d’ensilage sous bâche.

Volume limité, sensible aux conditions climatiques, une bâche abimée peut dégrader la qualité de la biomasse.

5 à 7 € / t / an

Vrac, balle ronde ou carrée

Sous hangar, ventilé ou non

Sécurisé, protège des conditions climatiques, adapté au stockage de la biomasse sèche

Investissement important, considéré comme site ICPE si le volume stocké est supérieur à 1 000 m3.

10 à 15 € / t / an

Vrac, balle, granulés

En silo vertical, ventilé ou non

Emprise au sol limitée, sécurisé, adapté pour le stockage de biomasse fluide (type granulé) pour faciliter les opérations de chargement / déchargement.

Investissement important, ne convient pas aux biomasses humides, considéré comme site ICPE si le volume stocké est supérieur à 1 000 m3.

12 € / t / an

Granulés, biomasse fluide

Rafles de maïs, photo Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France

Densification, quel format choisir ?

 

Atouts

Contraintes

Format vrac

Réduit les coûts de prétraitement

Augmente les coûts de transport

Granulés

Facilite le stockage
Réduit les coûts de transport
Stabilise la matière (disponible sur l’année)

Coût important lié au séchage et à la granulation de la matière
Pas de préservation des fibres

Briquettes

Coût inférieur à celui des granulés
Facilite le stockage
Réduit les coûts de transport
Stabilise la matière (disponible sur l’année)

Coût important lié à la densification de la matière
Pas accepté par tous les appareils en combustion
Pas de préservation des fibres

Balles

Facilite le stockage
Réduit les coûts de transport
Réalisé sur la parcelle (début de chaîne de production)
Moins énergivore que les granulés
Conserve les fibres de la matière

Opération d’ouverture, coupe des ficelles entrainent un coût supplémentaire.
Densification réduite par rapport aux granulés

Plaquettes

Facilite le stockage
Réduit les coûts de transport

Pas de préservation des fibres
Uniquement sur les matières ligneuses
Volume conséquent

Production de briquettes de paille sur champ, photo Chambre régionale d’agriculture des Hauts-de-France

Des outils pour accompagner les porteurs de projet

Le projet propose ainsi aux porteurs de projet différents outils pour les guider dans la construction de leur chaîne d’approvisionnement :

  • Cinq fiches outils – équipements présentent un large panel d’informations issues de la littérature et de publications associées.

  • Des fiches retours d’expériences synthétisent les entretiens réalisés avec des porteurs de projet.

  • Un guide pour la mise en place d’une chaîne logistique biomasse reprend l’ensemble des recommandations des partenaires du projet tout au long des différentes étapes de la chaîne logistique. Il s’articule autour de neuf parties : récolte, collecte, stockage, transport, manutention, prétraitement, rédaction des contrats et évaluation de sa chaîne logistique.

Ces outils sont disponibles sur le site www.biomasse-territoire.info

Enjeux de développement et travaux à venir

Les étapes de récolte et de conditionnement sont un levier essentiel des chaînes logistiques, premiers facteurs d’économie tout au long de la chaîne de production. Ces étapes restent toutefois difficiles à travailler et des technologies adaptées peinent à se développer. Par ailleurs, les coûts associés aux diverses étapes des chaînes de valorisation, et principalement ceux imputés au stockage restent peu connus. C’est pourquoi, sur la période 2017 – 2018, les membres de l’axe logistique du RMT se sont donnés pour mission de proposer aux porteurs de projet une calculette permettant d’estimer les coûts d’une opération logistique biomasse mais également de comparer différents scénarios pour choisir le plus optimisé.

Les sarments et charpentes de vigne constituent un biocombustible de qualité, photo Frédéric Douard

Afin de répondre de façon plus opérationnelle aux besoins des filières, des groupes de travail sur les filières menues pailles et sarments de vigne sont également proposés, afin de faire travailler ensemble les différents acteurs intéressés par le développement de nouvelles voies de valorisation pour ces coproduits.

Objectif du RMT : faciliter et accompagner le développement des filières de valorisation de biomasse locales d’origine agricole en prenant en compte les spécificités et ressources des territoires

Le RMT Biomasse et territoires regroupe et mobilise au niveau national des connaissances et compétences pluridisciplinaires, du champ à l’usine et plus de 70 partenaires associés.

Les trois priorités travaillées de 2014 à 2018

1- Préciser, objectiver, diffuser la connaissance sur la production et la mobilisation de la ressource en biomasse agricole ainsi que de ses usages actuels et à venir,

2- Optimiser le déploiement des filières sur le territoire : compétence, technologie, économie pour enclencher des leviers au coût « post-production » de la biomasse agricole,

3- Connaître, évaluer les impacts environnementaux et sociaux et les retombées positives des filières biomasse sur les territoires économiques et milieux naturels afin de les faire valoir.

Soutenue par FranceAgriMer et l’ADEME, cette étude a été menée par la Chambre régionale d’Agriculture des Hauts-de-France, Coopénergie, Arvalis, l’Institut du Végétal, Trame et cordonnée par Services Coop de France.

Pour en savoir plus : Elodie NGUYEN, Chambre Régionale d’Agriculture Hauts-de-France – Amiens – Tél: +33 322 33 69 53 – e.nguyen@hautsdefrance.chambagri.fr – www.biomasse-territoire.info


Produire du charbon actif à partir de déchets verts


Source : Bioénergies International



Produire du charbon actif à partir de déchets verts

Article paru dans le Bioénergie International n°53 de janvier-février 2018

Pyrolyseur pilote, photo AILE

Près de 34 millions de tonnes de déchets verts sont produites chaque année dans le Nord-Ouest de l’Union Européenne, en zones urbaines et rurales confondues.  Malgré les actions de prévention qui sont mises en place, les quantités de matières générées sont constantes, voire en augmentation. Ces actions s’accompagnent parfois d’une optimisation de la main d’œuvre sur les plateformes de tri sélectif. La gestion de cette filière reste très coûteuse et l’innovation pour la gestion des déchets verts est donc devenue une nécessité, d’autant que ces matières résiduelles végétales ligneuses et semi-ligneuses peuvent être considérées comme une ressource.

Déchets verts sur une plateforme de tri, photo AILE

Parallèlement, on recense de nombreux usages de charbon (issu de biomasse) sous forme activée, ou non, pour le traitement par adsorption des contaminants contenus sous forme particulaire dans les liquides, l’air, les gaz (biogaz, fumées de combustion) ou pour faciliter les réactions biochimiques : ingestion (humains, animaux, digestion anaérobie par méthanisation), agronomie (interactions sol-plante) etc. Les charbons activés sont coûteux (>1 000 €/t) et actuellement importés d’autres continents (Afrique, Asie, Amérique).

Le projet européen RE-DIRECT a pour ambition de réinterroger le mode de gestion actuel de ces ressources ligneuses et semi-ligneuses et, en parallèle, de proposer aux utilisateurs de charbons d’origine végétale d’envisager la possibilité d’introduire des matériaux produits localement en complément, voire en substitution de produits provenant de l’étranger.

La même biomasse naturelle et carbonisée, photo AILE

En France, Aile (Association d’Initiatives Locales pour l’Énergie et l’Environnement) en qualité d’agence régionale dédiée aux professionnels (agriculteurs, industriels, collectivités) et KCA (Kerval Centre Armor) gestionnaire de 60 000 tonnes de végétaux collectées chaque année en Côtes d’Armor, se sont associés pour former le binôme français de ce programme Inter-Reg.

Actions conduites dans RE-DIRECT :

En amont, coté producteur :

  • Identifier les ressources végétales actuellement utilisées en amendement organique ou en énergie qui ont un potentiel de valorisation en matériaux de plus forte valeur ajoutée (charbon vert ou charbon actif).
  • Tester la qualité des charbons issus de la pyrolyse de ces ressources végétales en condition de laboratoire, puis à partir d’outils industriels déjà existants sur le territoire français.
  • Comparer avec les résultats des pilotes mis en place par les partenaires allemands et anglais.
  • Valider par une analyse de cycle de vie comparative les intérêts économiques et environnementaux de ce mode de valorisation.

En aval, coté utilisateur :

  • Identifier les secteurs d’activités qui ont un usage de charbon sur :
    • les applications existantes dont la qualité du charbon est encadrée par une norme : potabilisation, traitement eau de piscine ;
    • des applications pour des marchés actuels n’ayant pas de norme dédiée : traitement d’air (biofiltre) et de gaz (entrée moteur et à l’échappement), agronomie, digestion humaine et animale ;
    • des applications potentielles vers des marchés en devenir : digestion anaérobie par méthanisation, stabilisation des effluents (co-compostage déchets verts, digestats, lisiers, fumier), gestion des pollutions diffuses, phytoremédiation, etc.
  • Impliquer ceux ayant un usage compatible avec la qualité des charbons obtenus à partir de ressources végétales locales.
  • Évaluer le potentiel de développement pour chacun des secteurs pertinents et les conditions pour valider la faisabilité technico-économique.
  • Évaluer la complémentarité avec les filières de valorisation actuelles et les éventuels seuils au-delà desquels apparaîtrait une concurrence d’usage.
  • Tester l’applicabilité de ce concept sur certains territoires pilotes en Bretagne, et plus largement dans le Grand Ouest en diffusant les avancées de ce travail :
    • de façon transversale au sein des différents secteurs d’activité concernés par ce type d’usage en soulignant les synergies potentielles (enjeux croisés des territoires).
    • dans le domaine agricole, pour inciter à davantage valoriser l’arbre et les sous-produits issus de leur entretien.

Plus d’informations dans les autres régions impliquées (Allemagne, Belgique, Pays de Galles) sur le site Internet de Re-Direct : re-direct-nwe.eu

Vous êtes professionnel (agriculteur, collectivité, industriel) en Bretagne, Normandie, Pays de La Loire ; vous vous posez des questions sur l’approche – la méthode – les actions envisagées ; vous souhaitez proposer d’intégrer un territoire pilote dans l’approche conduite dans Re-Direct, alors prenez contact auprès de jacques.bernard@aile.asso.fr ou jborveillon@kerval-centre-armor.fr, ou via le site internet www.aile.asso.fr


2018/10/03

11 & 12 octobre 2018, produire de l’énergie à partir de déchets végétaux et forestiers


Source : Bioénergies International



11 & 12 octobre 2018, produire de l’énergie à partir de déchets végétaux et forestiers

La bioénergie s’appuie sur l’utilisation de la biomasse : cultures à vocation énergétique (miscanthus), déchets et sous-produits agricoles (paille de céréales) et forestiers, fumier et biomasse microbienne. Tous ces matériaux permettent la production d’une énergie renouvelable.

Pour présenter les technologies, enjeux et applications concernant la bioénergie, ASPROM propose un séminaire les 10 et 11 octobre 2018 à Paris rassemblant de nombreux experts.

Vous trouverez le programme à l’adresse : www.asprom.com

Pour des informations complémentaires : Roland DUBOIS au 06 07 02 83 93.


2018/09/28

Étude sur la chaleur renouvelable livrée par les réseaux en Auvergne-Rhône-Alpes


Source : Réseaux de chaleur



Étude sur la chaleur renouvelable livrée par les réseaux en Auvergne-Rhône-Alpes

Le Cerema a réalisé, pour la DREAL Auvergne-Rhône-Alpes, un état des lieux des réseaux de chaleur et de froid en région et a étudié le potentiel de développement de la chaleur renouvelable livrée par les réseaux.

Résumé de cette étude

L’état des lieux des réseaux de chaleur et de froid en Auvergne- Rhône-Alpes (AURA) est fait à partir d’une enquête auprès des collectivités, des syndicats, des exploitants et de croisement de différentes sources de données (enquête nationale,
données énergie-climat publiées, annuaire ViaSèva, sites dédiés de réseaux…), en 2016-2017. Les données récoltées pour chaque réseau recensés en AURA, soit 252 réseaux de chaleur, 3 réseaux de froid et 6 réseaux en projet, sont publiées sous forme de tableau, avec leurs sources.

Le Cerema a également récolté et numérisé les tracés de 96 réseaux, publiés et diffusés sous format SIG (sur le site de la DREAL).

Cet état des lieux détaillé et cartographié, croisé avec les tracés des réseaux fictifs issus des consommations énergétiques des bâtiments résidentiel-tertiaire (résultats de l’étude SNCU/Setec) et les gisements d’énergies renouvelables et de récupération, permet d’identifier le potentiel de développement des réseaux de chaleur/froid vertueux en AURA.

Une note d’enjeux a également été réalisée. Elle fixe des objectifs de développement de la chaleur renouvelable livrée par les réseaux en AURA à 2030, détaillés par énergie (chaleur fatale, géothermie, solaire, biogaz, bois-énergie) et par création/verdissement/extension/densification de réseaux. Elle peut ainsi être intégrée au futur schéma régional (SRADDET) d’AURA pour une planification énergétique pertinente, et répondre à l’article 196 de la loi de transition énergétique (LTECV) qui prévoit un recensement des réseaux de chaleur dans les schémas régionaux.

Retrouvez toutes les informations (déroulé de l’état des lieux, résultats, potentiel de développement, données…) de cette étude ici.


2018/09/25

Les déchets organiques du zoo de Thoiry sont désormais valorisés


Source : Usine Nouvelle



Les déchets organiques du zoo de Thoiry sont désormais valorisés

Une unité de méthanisation Thoiry Bioénergie permet de valoriser les déchets organiques du zoo de Thoiry pour chauffer les bâtiments du parc animalier.

Les déchets organiques du zoo de Thoiry sont désormais valorisés

 


La valorisation des déchets organiques du zoo de Thoiry permettra de chauffer les bâtiments du parc animalier. © Zoo de Thoiry

Samedi 22 septembre, Thoiry Bioénergie, société créée par Colomba de la Panouse-Turnbull, directrice générale déléguée du parc zoologique de Thoiry (Yvelines), a inauguré son usine de méthanisation dont la production de biométhane permet d’assurer le chauffage des principaux bâtiments du parc animalier. Cette réalisation inédite en France pour ce type d’établissement permet de valoriser localement les déchets organiques du zoo de Thoiry et des activités voisines. L’investissement de 4,640 millions d’euros a été financé à hauteur de 25 % par la région Île-de-France et de 20 % par l’Ademe Île-de-France.

"Chaque année, ce sont quelques 10 950 tonnes de déchets (déchets verts, fumier des animaux, fruits et légumes avariés) qui alimenteront cette unité de méthanisation. Cet apport sera complété par des déchets agricoles et du fumier équin provenant d’exploitations voisines", précise un communiqué de Thoiry Bioénergie.

Le gaz vert, produit de la méthanisation, alimente en chauffage le château du parc de Thoiry, l’orangerie ainsi que les maisons des ours, des éléphants et des girafes. Plus largement, ce gaz injecté dans le réseau alimente les communes environnantes (Thoiry, Marcq, Beynes, Rennemoulin, Thiverval, Grignon, Les Clayes-sous-Bois, Plaisir et Villepreux) grâce à une extension du réseau de gaz naturel opéré par GRDF sur près de 2 km pour raccorder l’unité de méthanisation au réseau existant. "La production de biométhane devrait représenter plus de 20 % de la consommation globale de gaz de ces 9 communes en période estivale", indique encore le communiqué. Quant au digestat, il sert d’engrais naturel et est épandu sur les jardins historiques du parc et les exploitations agricoles voisines.

"La méthanisation est au cœur de nos projets pour faire de l’Île-de-France la première métropole écologique d’Europe. Nous sommes à l’affut de toutes les innovations pour la transition énergétique et la lutte contre le changement climatique", a indiqué Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Île-de-France présente lors de cette inauguration.


2018/09/21

La pyrogazéification, l’une des voies d’avenir pour un gaz 100 % renouvelable


Source : Bioénergies International



La pyrogazéification, l’une des voies d’avenir pour un gaz 100 % renouvelable

Installation de gazéification de biomasse de la SOPREMA à Strasbourg, photo Frédéric Douard

En France, le gaz est le deuxième vecteur d’énergie en réseau après l’électricité. Ses usages sont multiples : chauffage, cuisson, production d’électricité, applications industrielles … bref, une énergie au coeur du quotidien et de l’activité des entreprises. Appréciée, elle a cependant deux inconvénients majeurs : elle est à 99 % d’origine fossile et parcours des milliers de kilomètres depuis les sites de productions mondiaux. Cette réalité fait de la production de gaz vert constitue une voie majeure dans la transition énergétique en cours, appuyée par les récentes projections de l’ADEME – GRDF et GRT gaz, vers un mix de gaz 100 % renouvelable à l’horizon 2050. C’est donc “à point nommé” que se tiennent ces 26 et 27 septembre 2018 à Rennes les premières Assises nationales de la pyrogazéification, procédé de production de gaz qui pourrait représenter 15 à 40 % de ce mix renouvelable.

Hier, un procédé à l’origine des énergies fossiles. Aujourd’hui, une technologie au service de l’énergie renouvelable.

  • La pyrolyse consiste en un traitement thermique de la matière organique sèche, en l’absence d’oxygène, produisant une phase gazeuse (“gaz de synthèse” ou “syngaz”), liquide (huile) et solide (charbon).

  • La gazéification est le processus de transformation de la partie carbonée solide en gaz de synthèse par ajout d’une petite quantité d’oxygène ou de vapeur d’eau.

  • La pyrogazéification regroupe les procédés de pyrolyse et de gazéification.

En partant d’un procédé connu et utilisé depuis des siècles, il s’agit aujourd’hui d’en appliquer le principe en élaborant des systèmes à très haute performance énergétique dans des délais sans commune mesure avec ceux des origines.

Une valorisation énergétique complémentaire à la méthanisation

Bien que produisant toutes les deux un mélange gazeux combustible, la méthanisation et la pyrogazéification diffèrent, dès le départ, par la ressource en jeu : pour la méthanisation, il s’agit de biomasse humide (notamment, biodéchets, déchets et effluents d’élevage) et pour la pyrogazéification de biomasse sèche, soit une grande variété de ressources dont : les bois ne pouvant pas être brûlés dans de bonnes conditions en chaufferies, les CSR (Combustibles Solides de Récupération), les bois non dangereux de démolition (portes, fenêtres, vieux meubles, panneaux d’industrie…). Pour cette catégorie de bois, la pyrogazéification constitue une issue très attractive, quand on sait que la France doit gérer chaque année sept millions de tonnes de ce type de déchet bois (dit de Classe B) et qu’en 2020, 70 % des déchets du BTP devront être valorisés (contre 50 % aujourd’hui).

Une énergie renouvelable propre, de proximité et stockable

Les territoires sont « en première loge » pour favoriser l’exploitation des gisements disponibles, dans le cadre d’une économie circulaire où les déchets deviennent une ressource pour les usages énergétiques locaux, et au-delà.

Avec un bilan environnemental favorable (réduction du bilan carbone, des polluants et poussières atmosphériques) le recours à la pyrogazéification constitue aussi un atout financier pour les entreprises, face à la hausse continue du prix du carbone, et pour les collectivités locales, dans la perspective de la hausse des coûts de l’enfouissement des déchets (dont le volume devra être réduit de moitié d’ici 2025).

Enfin, la pyrogazéification lève le frein majeur au développement des énergies renouvelables : leur production irrégulière (en fonction des conditions climatiques le plus souvent) et leur difficulté de stockage. Le gaz renouvelable a le grand avantage de pouvoir être produit en continu et être stocké afin de s’adapter à la demande d’énergie. Une aptitude au stockage, associée au maillage du réseau existant, dans lequel le gaz peut être injecté, qui apporte une grande flexibilité d’usage en termes de production, saison, lieu et variabilité de la demande, faisant de la pyrogazéification une solution d’avenir.

Des Assises nationales comme acte fondateur de la filière en pleine évolution

Face à ces atouts d’envergure, les Assises nationales qui se tiendront les 26 et 27 septembre 2018 à Rennes à l’initiative du Club Pyrogazéification et de ses partenaires, Bretagne Eco-Entreprises et CEEI Créativ, permettront de présenter pour la première fois en France, toutes les facettes de cette filière innovante auprès d’un large public : industriels, entrepreneurs, collectivités …

Les deux journées se répartiront entre visites et conférences :

  • Mercredi 26 septembre : visite à Nantes de la Halle technologique de l’IMT Atlantique dédiée à la valorisation énergétique de la biomasse, et à Locminé, du pilote de pyrogazéification sur le Pôle LIGER avec présentation des enseignements pour l’injection de gaz renouvelable.

  • Jeudi 27 septembre : Les conférences développeront les gisements disponibles et les ressources les plus appropriées à la pyrogazéification, les 10 raisons pour avoir recours à cette technologie et les conditions à mettre en place pour le développement de cette filière “force de dynamisation massive” de la transition énergétique.

>> Voir le programme complet des assises


2018/09/19

Pour doubler la production de sucre issu des plantes


Source : Enerzine.com



Pour doubler la production de sucre issu des plantes

Des chimistes de l’EPFL ont développé une méthode susceptible d’accroître de manière significative le rendement en sucre des plantes, améliorant ainsi la production de carburants renouvelables, de produits chimiques et de matériaux.

Produire des carburants et des produits chimiques à partir de la biomasse (bois, herbe, etc.) constitue l’une des solutions les plus prometteuses pour développer une économie renouvelable. Le processus implique de décomposer, ou de «déconstruire» des plantes, pour produire des hydrates de carbone simples, principalement sous la forme de sucres simples tels que le xylose et le glucose. Mais si ces sucres sont précieux, les processus courants utilisés pour déconstruire les plantes finissent souvent par les dégrader.

Le laboratoire de Jeremy Luterbacher à l’EPFL vient de développer une méthode chimique qui stabilise les sucres simples et prévient leur dégradation. Cette méthode pourrait signifier que les chimistes n’auront plus à chercher un juste milieu pour déconstruire la plante tout en évitant la dégradation du produit final.

La nouvelle méthode change la susceptibilité chimique des sucres à la déshydratation et à la dégradation en leur attachant des aldéhydes. Le processus est réversible, ce qui signifie que les sucres peuvent être récupérés après déconstruction.

Les chimistes ont testé leur méthode sur du bois de hêtre. D’abord, ils l’ont réduit en pulpe au moyen d’une technique de fabrication du papier appelée organosolve, qui solubilise le bois en acétone et en éthanol. Mais pour fixer des aldéhydes sur les sucres, les scientifiques ont mélangé le bois de hêtre avec du formaldéhyde.

Grâce à cette approche, ils ont pu récupérer 90% de sucres de xylose, contre seulement 16% sans formaldéhyde. Lorsqu’ils ont décomposé la pulpe résiduelle en glucose, le rendement en hydrate de carbone a dépassé 70%, contre 28% sans formaldéhyde.

«Jusqu’ici, les gens se sont toujours tournés vers des systèmes souvent coûteux pour limiter la dégradation du sucre», dit Jeremy Luterbacher. «Avec la stabilisation, vous vous préoccupez moins de cette dégradation, ce qui vous rend plus libre pour développer des transformations de la plante plus rapides et meilleur marché, en accélérant potentiellement l’émergence de produits de consommation renouvelables».


2018/09/05

Produire du gaz naturel renouvelable à partir de cultures intermédiaires


Source : Bioénergies International



Produire du gaz naturel renouvelable à partir de cultures intermédiaires

L’unité de production de biométhane Valois Energie à Barbery dans l’Oise, image GRTGaz

A travers dix vidéos, GRTgaz présente dix acteurs et dix innovations en faveur de la transition écologique. Ces dix témoignages recueillis au plus près du terrain, la série « L’Énergie des Possibles » présente dix initiatives innovantes et concrètes pour une transition écologique via le vecteur méthane. Cette série s’inscrit dans le cadre de la campagne « Le Gaz. L’Énergie des Possibles », une initiative lancée en octobre 2017 par GRTgaz pour révéler toutes les innovations du gaz en faveur de la transition écologique.

Ces épisodes, d’une minute trente chacun, sont visibles sur le site gazenergiedespossibles.fr.

Le premier concerne la production de biométhane à partir de cultures intermédiaires chez des céréaliers du département de l’Oise, avec le témoignage de Pierre-Henri ROLAND de Valois Énergie à Barbery.

Pierre-Henri ROLAND : « À chaque fois que l’on met des déchets dans un méthaniseur, on va faire du du biométhane pour les citoyens qui sont branchés au gaz. On va aussi faire un fertilisant biologique pour nos sols. Cela nous permet de produire 200 m3/heure de biométhane, ce qui représente la consommation énergétique de milliers de foyers ».


Transformer les déchets des restaurants parisiens en gaz renouvelable


Source : Bioénergies International



Transformer les déchets des restaurants parisiens en gaz renouvelable

La colllecte des biodéchets des restaurants parisiens, image GRTGaz

A travers dix vidéos, GRTgaz présente dix acteurs et dix innovations en faveur de la transition écologique. Ces dix témoignages recueillis au plus près du terrain, la série « L’Énergie des Possibles » présente dix initiatives innovantes et concrètes pour une transition écologique via le vecteur méthane. Cette série s’inscrit dans le cadre de la campagne « Le Gaz. L’Énergie des Possibles », une initiative lancée en octobre 2017 par GRTgaz pour révéler toutes les innovations du gaz en faveur de la transition écologique.

Ces épisodes, d’une minute trente chacun, sont visibles sur le site gazenergiedespossibles.fr.

Le troisième concerne la production de gaz renouvelable à partir des biodéchets de plus de 400 restaurants parisiens, avec le témoignage de Stephan Martinez de la société Moulinot.

Stephan Martinez : « La gestion des déchets issus de la restauration est un enjeu majeur pour la transition écologique. J’ai décidé de transformer ces déchets en gaz renouvelables qui deviendront ainsi une énergie positive. Je collecte pour cela les biodéchets dans plus de 400 restaurants parisiens. »


2018/09/03

Journées Recherche Innovation Biogaz Méthanisation, du 2 au 4 octobre 2018 à Rennes


Source : Bioénergies International



Journées Recherche Innovation Biogaz Méthanisation, du 2 au 4 octobre 2018 à Rennes

Bulles de biogaz à la surface d’un digesteur, photo Frédéric Douard

Les Journées Recherche Innovation Biogaz Méthanisation organisées par l’ATEE ont pour but de promouvoir les échanges entre le monde de la recherche et les acteurs du développement agricole et industriel de la filière (industriels, agriculteurs, chercheurs et acteurs du territoire) afin de poursuivre le développement d’une filière adaptée au contexte français, c’est l’objectif de ces JRI 2018.

Pendant trois jours, les travaux de recherche, retours d’expérience, réflexions seront partagées au travers des présentations, tables rondes, posters et moments d’échange.

  • le 2 octobre 2018, la Journée de l’exploitant

  • les 3 et 4 octobre 2018, les travaux de recherche en 5 sessions
    Ressources, opportunités et territoires
    Processus et procédés
    Biogaz et biométhane
    Digestats et valorisation
    Aspects sanitaires liés à la méthanisation.

Programme complet et bulletin d’inscription des JRI 2018
Informations pratiques et plan d’accès

Contact : Patricia COTTURA – ATEE – 01 46 56 35 41 – p.cottura@atee.fr


2018/08/29

Guide méthodologique de l’épandage des digestats de méthanisation


Source : Bioénergies International



Guide méthodologique de l’épandage des digestats de méthanisation

La méthanisation, déjà présente historiquement sur des sites industriels ou stations d’épuration urbaines du bassin Artois Picardie, est aujourd’hui en fort développement. Elle regroupe le traitement de nombreux déchets organiques de producteurs et d’origines diverses (résidus d’industries agro-alimentaires, effluents d’élevage, résidus de récoltes, boues d’épuration, fractions fermentescibles de déchets ménagers, graisses alimentaires etc.…). La réglementation est différente selon la nature et la quantité du gisement traité par l’unité de méthanisation. De nombreuses questions sont soulevées concernant les règles d’épandage, de stockage et de suivi des digestats.

C’est pour répondre à un certain nombre de ces interrogations que les SATEGE Nord-Pas-de-Calais et Somme, la MUAD de l’Aisne, en collaboration avec les DDPP, DREAL, Agence de l’Eau Artois Picardie et l’ADEME, ont réalisé ce guide paru en 2016.

Ce guide méthodologique a pour objet d’apporter des éclaircissements aux porteurs de projet de méthanisation, sur le contexte réglementaire. Ce guide reprend les règles de traçabilité et transparence imposées sur le site, les règles d’épandage, de stockage et le suivi annuel à respecter pour les digestats. Il concerne l’épandage des digestats non transformés par compostage ou non homologués et donc soumis à plan d’épandage.

Ce guide intègre 4 grands chapitres :

  • suivi et traçabilité imposé au site ;
  • contenu type d’un plan d’épandage ;
  • suivi annuel des épandages ;
  • distances d’épandage et règles de stockage.

Sont exclues de ce document :

  • les unités de méthanisation qui ne traitent que des effluents d’élevage et des matières végétales brutes issus d’une seule exploitation agricole. Dans le cas d’un élevage, le plan d’épandage initial de l’éleveur doit juste être remis à jour pour tenir compte du changement de nature de l’effluent.
  • les stations d’épurations et les industries qui méthanisent leurs effluents, sans mélange avec des effluents extérieurs à leur unité de production. Dans ce cas, les conditions d’épandage sont celles prévues par la réglementation qui s’applique à l’unité de production.
  • Les digestats importés pour lesquels une réglementation spécifique s’applique liée à l’introduction des déchets en France. Même venant de l’étranger, un digestat ne peut être commercialisé et doit respecter les règles d’un plan d’épandage décrites dans les parties Contenu type du plan d’épandage et Suivi annuel des épandages.

>> Télécharger le guide


2018/07/22

7 novembre 2018, le bois-énergie, des flux territoriaux aux flux internationaux


Source : Bioénergies International



7 novembre 2018, le bois-énergie, des flux territoriaux aux flux internationaux

Le 7 novembre 2018, le Comité Interprofessionnel du Bois-Energie organise à Strasbourg, avec le soutien de l’ADEME et de la Région Grand Est, son prochain colloque intitulé : Origines et usages, des flux territoriaux aux flux internationaux – DESTINATION BOIS-ENERGIE.

En amont de cette journée seront organisées des visites de sites pour illustrer la thématique.

Le programme détaillé de cette journée et les modalités d’inscription seront prochainement mis en ligne.

Date à retenir !


2018/07/18

Comment se répartit la biomasse sur la planète


Source : Actu-Environnement



Comment se répartit la biomasse sur la planète

Comment se répartit la biomasse sur la planète© Masyanya

La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) a publié une synthèse des résultats d'un article intitulé "Répartition globale de la biomasse au sein de la biosphère" et paru en mai 2018 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (Pnas).

L'équipe de recherche, menée par Yinon M. Bar-On, s'est fondée sur des centaines d'études portant sur les principaux groupes d'espèces qui composent le vivant. Elle résume les connaissances actuelles sur la répartition de la biomasse mondiale, c'est-à-dire sur la masse totale des organismes vivants.

Parmi les résultats, on apprend que la biomasse marine ne représente qu'un pourcent de la biomasse totale, la biomasse souterraine 42% et la biomasse terrestre 57%. Les plantes représentent plus de 82% de l'ensemble du vivant, les bactéries 12,84%. L'équipe de recherche avance aussi que sur les onze millions d'espèces estimées, seulement 1,4 million sont aujourd'hui décrites.

Parce que "[l]'étude [de la biodiversité] devient un enjeu prioritaire", la FRB a décidé de publier des synthèses d'articles scientifiques récents sur ce thème. Deux autres suivront donc au cours de l'été. L'une sur la difficulté de l'étude objective de toutes les espèces, et l'autre sur le paradoxe entre la capacité d'empathie pour certaines des espèces et la réalité de leur statut de conservation.


2018/07/13

La première usine française de black pellets ouvrira en 2020 dans la Marne


Source : Bioénergies International



La première usine française de black pellets ouvrira en 2020 dans la Marne

Black pellets, photo Européenne de Biomasse

La société Européenne de Biomasse et ses partenaires Meridiam et Caisse des Dépôts ont annoncé le 13 juillet 2018 l’implantation de l’ensemble industriel FICA-HPCI (Filière industrielle Champagne-Ardennes – Haut Pouvoir Calorifique Industriel) sur la plateforme agro-industrielle de Pomacle-Bazancourt près de Reims. Cet ensemble industriel inédit en France, qui sera mis en construction dès l’automne 2018 pour une mise en service en 2020, comprend une centrale de cogénération biomasse (société COGECAB) qui fournira de l’électricité verte à Enedis et de la vapeur à l’amidonnerie voisine Chamtor, et une usine de granulation et préparation de combustible (société FICAP) qui produira chaque année 120 000 tonnes de biocombustibles HPCI®, substitut renouvelable au charbon de terre. 

Pour la partie granulation et préparation du combustible, l’actionnariat de FICAP est réparti entre trois entités : 24% Caisses des Dépôts, 25% Alpha pellets 25% et 51% Européenne de Biomasse, et c’est Alpha Pellets qui en sera l’exploitant. Pour la partie production d’énergie, l’actionnariat de COGECAB se réparti comme suit : 55% Atlante Gestion, 30% CDC, 10% Dalkia et 5% Européenne de Biomasse et c’est la société Dalkia qui est en charge de la livraison clé en main de l’équipement et qui sera en charge de son exploitation et de sa maintenance.

Un projet inédit en France pour accompagner la sortie du charbon fossile

A partir des résidus de bois issus des forêts de la région, FICAP assurera la première production mondiale de granulés HPCI® Black pellet en continu à partir d’un procédé de vapocraquage ou explosion vapeur.

Zoom sur le HPCI® Black Pellet

Le granulé HPCI® Black Pellet a été mis au point par Européenne de biomasse au terme de 12 ans de R&D. Ces granulés noirs sont obtenus par le procédé d’explosion à la vapeur de la matière première. L’explosion vapeur (steam explosion en anglais) consiste à monter la matière première en température jusque 240°C et se conclue par une dépressurisation rapide qui fait exploser les cellules du bois et opère une dépolymerisation de ses longues chaines carbonées. Cette opération rend le bois plus facile à broyer et surtout le rend hydrophobe donc stockable en extérieur et transportable par voie maritime sans risque de dégradation. L’explosion vapeur est aussi utilisée comme prétraitement des matières lignocellulosiques avant méthanisation.

C’est l’entreprise Valmet qui fournira le procédé de vapocrackage. Le groupe, spécialiste de la grande industrie du bois, avait travaillé sur le même produit dès le début des années 2010 avec le fabricant américain Zilkha Biomass, implanté à Selma en Alabama. Ce producteur avait d’ailleurs en 2015 alimenté la chaufferie de la CPCU à Saint-Ouen avec du black pellet avant d’interrompre brutalement ses livraisons. Ces granulés étaient alors importées en France par le port de Rouen.

Avec un bilan très favorable en CO2 et de très hautes performances techniques (résistance à l’eau, densité, pouvoir calorifique), ce combustible constitue une alternative au charbon de terre pour les chaufferies industrielles et les centrales électriques à flamme. Son utilisation ne nécessite aucun changement majeur d’équipements ni de manutention et ni de combustion.Modèle d’usine de black pellets, Crédit Valmet.

Alors que les autorisations d’exploitation des deux entités ont été délivrées par la préfecture de la Marne le 27 octobre 2017, l’usine de production de granulés de Pomacle sera quant à elle construite par De Smet Engineers & Contractors, membre du Groupe Moret Industries, qui a signé le contrat le 21 juin 2018. De Smet Engineers & Contractors assurera la gestion globale du projet : l’ingénierie, les études, la fourniture des équipements et le génie civil. C’est le constructeur français Promill, également du groupe Moret Industries, qui fournira l’unité de granulation avec six presses d’une capacité horaire totale de 19 tonnes. L’usine FICAP sera réversible et pourra aussi produire du HPCI® White pellet, du granulé de bois normal donc, destiné au marché du chauffage des particuliers; une ligne d’ensachage est prévue à cet effet.

Signature du contrat de construction de l’usine Ficap le 25 juin 2018 à Paris, photo Groupe Moret. De gauche à droite Nebojsa Maksimovic & Benoît Dujardin de Dalkia, Toriki Périou de Meridiam, Jérôme Bouttiau & Guy Davister de DSEC, Nadège Beck d’Européenne de Biomasse et présidente de Cogecab, Jérôme Illouz de Moret Industries, Jérôme Verrié et Guyve Sardari de Meridiam, Jean-Baptiste Marin d’Européenne de Biomasse et président de Ficap, Mats Arnberg et Mattias Erixon de Valmet, Bernard Bourée d’Européenne de Biomasse.

C’est l’usine de cogénération COGECAB, société de la même holding, qui alimentera le séchoir à bande de l’unité de granulation (13 MW), et c’est l’usine FICAP qui alimentera l’usine de cogénération en combustible. Globalement les deux entités consommeront, matière première et combustible confondus, environ 320 000 tonnes humides de bois naturel (rondins/grumes), de bois de palettes, de sous-produits agricoles (paille de colza, menue paille de céréales, ceps, charpente et sarments de vignes, farine de chanvre et de raisin), un tonnage qui se répartit entre 200 000 tonnes de matière première pour les granulés et 120 000 tonnes de biocombustibles.

FICA-HPCI, la première étape d’une nouvelle filière ?

L’investissement des deux entités se monte à plus de 100 millions d’euros et devrait engendrer la création de 350 emplois sur le territoire dont 40 directs. GOGECAB qui va se construire sur le même terrain de sept hectares que FICAP sera équipée d’une chaudière de 49,9 MW et d’une turbine à vapeur permettant de développer 12 MW électriques et de soutirer de la vapeur pour Chamtor.

Ce nouvel ensemble industriel vient renforcer ce département de la Marne, déjà reconnu comme la « vallée de la bioéconomie » en France, avec notamment déjà implantés sur le site agro-industriel des Sohettes à Pomacle & Bazancourt, parmi les principaux établissements, la bioraffinerie Cristanol, la sucrerie Cristal Union, l’amidonnerie Chamtor, Air Liquide et le pole de recherche Futurol où travaille notamment Global Bioénergies.

Et si dans quelques années cette expérience technologique est concluante, mais surtout si ce produit a trouvé son marché, alors l’ambition des porteurs du projet est de se servir de cette usine comme tête de série industrielle pour essayer d’en vendre ou d’en construire d’autres ailleurs en France et à l’étranger.

Contact : www.ebiomass.eu


2018/07/12

26 et 27 septembre 2018 à Rennes, premières assises de la pyrogazéification


Source : Bioénergies International



26 et 27 septembre 2018 à Rennes, premières assises de la pyrogazéification

Les 26 et 27 septembre 2018 à Rennes, les premières Assises Nationale de la Pyrogazéification sont organisées par les équipes du Club Pyrogazéification, par le Club Bretagne Eco Entreprises et par le Centre européen d’entreprise et d’innovation CREATIV, en partenariat avec la CCI de RENNES.

Le Club Pyrogazéification et autres Procédés Thermiques Innovants rassemble les professionnels du secteur des procédés thermiques innovants (pyrolyse, gazéification, pyrogazéification, oxydation hydrothermale, vitrification par torche à plasma … (hors combustion et incinération). Il est composé de 70 membres représentant des équipementiers, des opérateurs biomasse et déchets, des bureaux d’études, des centres de recherche et des industriels intéressés par le développement de la filière.

Les objectifs de ces assises sont les suivants :

  • Créer un rendez-vous annuel et national sur la gazéification, un moment de bilan technique, pédagogique et informatif d’un marché en pleine évolution et faire de cette première manifestation un acte fondateur pour la filière,
  • Offrir un retour d’expériences des acteurs avec une mise à disposition des informations,
  • Apporter aux donneurs d’ordres publics et privés une vision prospective sur les capacités industriels de la filière,
  • Donner aux acteurs français, leur réelle place sur le marché européen et mondial par une information concrète,
  • Faire le point des axes de recherches des centres technologiques.

Pré-programme

Le 26 septembre 2018 : deux trajets de visites techniques

Au départ de l’IMT Nantes Atlantique, des rencontres pilotées par le bureau d’études S3D :

  • Visite du laboratoire de recherche et présentation des travaux de la FLORENTAIRE,
  • Découverte de la première plateforme R&D française de gazéification par lit fluidisé circulant chez LEROUX & LOTZ,
  • Visite d’une unité de gazéification en exploitation développée par NAODEN.

Au départ de la CCI de Rennes vers le pôle LIGER à Locminé (56) :

  • Visite du site de méthanisation, cogénération, injection de biométhane et station BioGNV,
  • Retours d’expériences de GRDF sur l’injection réseau,
  • Présentation de la première installation de gazéification de EDDA,
  • Découverte de la première installation de gazéification SPANNER Re2 en France par AHCS, sur le site de Liger.

Le site de LIGER à Locminé dans le Morbihan, photo Liger

Le 27 septembre 2018 à Rennes : conférences et débats animés par Frédéric Douard, rédacteur en chef de Bioénergie International

  • Quelle place pour la filière pyro-gazéification dans le paysage énergétique français ? Témoignages d’industriels.
  • Quels sont les gisements disponibles ? Quelles complémentarités avec les autres filières de la bioénergie ?
  • Panorama mondial des technologies de pyro-gazéification.
  • Freins et leviers pour développer la filière.

Informations pratiques – Inscription en ligne gratuite et obligatoire : docs.google.com

Renseignements : Frank MAINARD – assisesdelapyro@gmail.com – Tél.: 06 09 64 10 81

Liens des partenaires : 


2018/07/06

L’association France Gaz Renouvelables va promouvoir les gaz verts dans le mix énergétique français


Source : Bioénergies International



L’association France Gaz Renouvelables va promouvoir les gaz verts dans le mix énergétique français

L’AAMF, les Chambres d’Agriculture France, le Club Biogaz ATEE, la FNCCR, la FNSEA, FRANCE BIOMETHANE, GRDF et GRTgaz viennent de lancer l’association France gaz renouvelables pour promouvoir la place des gaz verts dans le mix énergétique français. Ouverte et à but non lucratif, France gaz renouvelables entend fédérer les différentes initiatives liées à l’essor des gaz renouvelables et permettre la création d’un écosystème au sein duquel le monde agricole et le monde de l’énergie seront au service des territoires et de la transition énergétique.

Une association au service de l’agriculture et de la transition énergétique

Les gaz renouvelables, à commencer par le biométhane, constituent des filières à la croisée des enjeux d’avenir de l’agriculture, des territoires, de l’énergie et du climat. Ils favorisent la complémentarité des territoires ruraux et urbains, de l’agriculture et de l’énergie. Les gaz renouvelables contribuent au développement d’une économie circulaire pour les territoires en permettant le traitement et la valorisation des gisements agricoles et des déchets (ménagers, industriels, agroalimentaires…) et en favorisant le développement d’une agriculture durable et pérenne économiquement.

L’ensemble des partenaires partage le constat que l’essor des gaz renouvelables reposera sur la capacité de mobilisation et de convergence d’un grand nombre et d’une grande diversité d’acteurs : monde agricole, territoires, gestionnaires d’infrastructures, industriels de l’énergie, des déchets et de l’eau, développeurs de projets, financeurs, filières techniques et installateurs, utilisateurs des gaz verts (bâtiment et mobilité verte, fournisseurs d’énergies…), ONG et société civile… L’ampleur de l’ambition nécessite de créer une adhésion politique et sociétale d’envergure, qui dépendra pour beaucoup de la capacité à rassembler, à structurer et animer cette communauté d’acteurs.

Un interlocuteur privilégié auprès des pouvoirs publics, des acteurs économiques et de la société civile

Dans cette perspective, 8 membres fondateurs représentatifs de cette diversité créent l’association France gaz renouvelables. Autour d’un centre de gravité agricole (FNSEA, AAMF et Chambres d’Agriculture France), elle regroupe des représentants majeurs des infrastructures gazières (GRDF, GRTgaz), les territoires (FNCCR), le think tank (France Biométhane) et la filière technique (Club Biogaz ATEE). L’association se veut ouverte à tous les partenaires qui partagent ses objectifs et souhaiteront la rejoindre.

Le Syndicat des Energies Renouvelables (SER), branche bioénergies, l’Association Française du Gaz (AFG), le Syndicat Professionnel des Entreprises Gazières Non Nationalisées (SPEGNN) ou encore Téréga (ex-TIGF) ont marqué leur intérêt pour la création de cette association, qui interviendra en pleine complémentarité de leurs actions.

Une filière jeune, dynamique et déjà compétitive

Au vu du dynamisme de la filière, l’ensemble des partenaires estime aujourd’hui qu’il est possible de porter à 30% la part du gaz renouvelable en France en 2030 en s’appuyant notamment sur le potentiel agricole important de notre pays. En 2030, on estime que près de 50 000 exploitants agricoles pourraient porter des projets de méthanisation, et ainsi gagner en compétitivité à travers un complément de revenu issu de la production d’énergie renouvelable.

À fin mai 2018, 56 sites de production de biométhane sont raccordés aux réseaux gaziers ; 12 sites ont été mis en service depuis le début de l’année. L’injection de biométhane dans les réseaux de gaz en France est en forte progression. Après avoir doublé entre 2016 et 2017, elle atteint 254 GWh sur les 5 premiers mois de l’année soit une forte hausse de 67% par rapport à la même période de l’année précédente. Plus de 400 projets sont aujourd’hui à l’étude sur l’ensemble du territoire français, ce qui pourrait porter la capacité d’injection à 8 655 GWh/an. En complément du biométhane, le Power to gas et la gazéification assureront également très bientôt une contribution essentielle au développement des gaz renouvelables en France.


2018/07/02

Fiches régionales – état des lieux et potentiels de la chaleur renouvelable


Source : Réseaux de chaleur



Fiches régionales – état des lieux et potentiels de la chaleur renouvelable

Un état des lieux et un potentiel de développement de la chaleur pour chaque région.

La Fedene a fait réaliser des fiches illustrant l’état des lieux des réseaux de chaleur ainsi que leur potentiel de développement pour chaque région. Ces informations peuvent venir compléter ou alimenter les études EnR des diagnostics des SRADDET et/ou SRCAE.

De manière plus générale, ces fiches permettent d’avoir une vision synthétique du développement possible de la chaleur renouvelable par les réseaux sur le territoire. Elles ont vocation à nourrir les visions stratégiques des plans énergie.

Accès aux fiches :

http://www.fedene.fr/etudes-publications/reseaux-de-chaleur-et-de-froid/

Pour aller plus loin dans le diagnostic, voir aussi la cartographie nationale des besoins de chaleur du Cerema : http://reseaux-chaleur.cerema.fr/carte-nationale-de-chaleur-france


2018/06/29

Le stockage comme clé de voûte au développement des énergies renouvelables


Source : Enviro2B



Le stockage comme clé de voûte au développement des énergies renouvelables

Le passage progressif aux énergies renouvelables requiert de relever un défi de taille : celui du stockage durable et massif de l’électricité. Or, les solutions à très grande échelle n’existent toujours pas. Irrémédiable ? Au vu des projets émergents, l’espoir est de mise si les moyens sont mis à disposition. Eclairage.

La transition écologique est l’un des grands enjeux du quinquennat entamé depuis plus d’un an par le Président Emmanuel Macron. Sortir définitivement du charbon ? C’est désormais acté et les dernières centrales vont fermer d’ici 2022. Aujourd’hui, la France s’est fixée quatre objectifs : « Réduire nos émissions de gaz à effet de serre, réduire notre consommation, développer les énergies renouvelables et, simultanément, réduire la part du nucléaire », a déclaré Nicolas Hulot, le ministre de la Transition écologique et solidaire, le 21 juin dernier. L’objectif de 40 % de production d’électricité d’origine renouvelable en 2030 reste la quête absolue.

Un problème à très grande échelle

Comme prévu dans la loi de transition énergétique pour la croissance verte (TECV), la France a lancé la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Le but : définir les priorités et les objectifs d’ici 5 ans et 10 ans. Au cœur de ce débat public qui se termine le 30 juin, le problème de l’intermittence des énergies renouvelables a été soulevé à plusieurs reprises. L’éolien ou le photovoltaïque sont pleinement dépendants des conditions météorologiques et, pour pouvoir alimenter en électricité les foyers durant la période hivernale notamment, il faut maîtriser le stockage de l’électricité. Or, si de grands progrès ont été réalisés à petite, moyenne et grande échelle – on y viendra après –, cette maîtrise n’existe pas encore à très grande échelle… Un exemple pour s’en rendre compte : pour combler la consommation en électricité d’une journée hivernale froide en France, il faudrait stocker près de 1800 GWh. Soit 18 fois la capacité de stockage totale des stations de transfert d’énergie par pompage (STEP) françaises actuelles !

Moyen le plus utilisé dans le monde (et en France) pour stocker l’énergie, les STEP(*) ne peuvent et ne pourront pas stocker de très grands volumes. D’autres solutions existent comme les batteries. Mais leurs coûts restent élevés et leur densité énergétique (le nombre de kWh stockés par kg ou litre) encore insuffisante. Sur le marché, elles restent encore perfectibles…

Enfin, un autre moyen de stockage électrique pourrait s’inscrire à très grande échelle : l’hydrogène. Connu pour être un excellent moyen de créer de l’énergie, il peut être aisément stocké pour être réutilisé plus tard. Le Japon le prouve déjà en transportant et en stockant de l’hydrogène par bateau, camion ou encore via des pipelines. Restent deux problèmes à régler : le coût de production élevé et sa pollution générée.

L’innovation s’invite dans le débat

Ces dernières semaines, les initiatives porteuses d’espoir se multiplient. Et montrent la bonne marche à suivre. Par exemple, EDF a inauguré le 22 juin dernier un projet innovant pour la transition énergétique au Royaume-Uni. Son nom : West Burton B, du nom de la centrale britannique. Il s’agit de l’installation d’un nouveau système de stockage par batterie d’une puissance de 49MW qui va sensiblement améliorer la stabilité et la fréquence du réseau électrique.

Cette inauguration confirme l’ambition d’EDF en matière de développement du stockage de l’électricité, celle de devenir le leader européen du secteur ! En mars 2018, le groupe français a annoncé des chiffres impressionnants dans le cadre de son Plan stockage électrique : 10 GW de nouveaux moyens de stockage seront développés aux quatre coins du globe d’ici à 2035 en plus des 5 GW déjà exploités. Ce programme représente un investissement estimé à 8 milliards d’euros sur la période 2018-2035. « De par leur ampleur, le Plan stockage électrique, comme le Plan solaire, confirment la capacité d’EDF à entraîner tout un écosystème compétitif pour concrétiser notre avenir sans carbone, », a expliqué Jean-Bernard Lévy, Président-Directeur Général d’EDF, dans un communiqué.

En observant d’autres projets en cours à quelques milliers de kilomètres de nos frontières, les solutions durables émergent. Comme à La Réunion où un micro-réseau solaire expérimental au cirque de Mafate fournit en courant trois bâtiments publics même quand le soleil ne brille pas. Le processus est ingénieux : les panneaux solaires produisent de l’électricité, le surplus est ensuite transformé en hydrogène pour un stockage de longue durée, permettant ainsi le développement des énergies renouvelables intermittentes. L’île table sur 50 % de renouvelables dans la production électrique dès 2020 et ambitionne l’autonomie électrique pour 2030.

Du côté de la Guyane, une annonce faite en mai 2018 par la société Hydrogène de France (HDF Energy) montre aussi la voie. La start-up girondine a annoncé la construction prochaine de la plus grande centrale à base d’énergie 100% renouvelable. Elle fournira de l’électricité pour une ville de 10.000 foyers guyanais à un prix compétitif. Comment se fera le stockage estimé à 140 MWh ? À base d’hydrogène et de batteries d’appoint.

Enfin, en France métropolitaine, les microgrids (des micro-réseaux électriques intelligents) ont également le vent en poupe. C’est le cas sur les îles d’Ouessant et de Sein où l’électricité provient des panneaux photovoltaïques, des groupes électrogènes et des batteries. Pour elles, l’objectif de parvenir à une consommation d’énergie 100% renouvelables d’ici 2030 n’est pas une illusion… Pas de doute : l’espoir d’un stockage à grande échelle est de rigueur !

(*) : Il s’agit de barrages hydrauliques stockant l’électricité sous forme d’eau, qui peut être pompée ou relâchée en fonction des besoins.


2018/06/27

Transition énergétique : inscrire les renouvelables dans le paysage pour éviter l'opposition


Source : Actu-Environnement



Transition énergétique : inscrire les renouvelables dans le paysage pour éviter l'opposition

La multiplication de petites installations de production d'électricité renouvelable modifie les paysages. Des collectivités s'emparent du sujet pour encadrer leur déploiement et planifier les zones d'implantation selon leur projet de territoire.

Transition énergétique : inscrire les renouvelables dans le paysage pour éviter l'opposition

Qui dit décentralisation et transition énergétiques, dit également multiplication de petites unités de production. Ici et là fleurissent centrales photovoltaïques et parcs éoliens. Au risque de dénaturer les paysages. Certains projets font déjà l'objet de vives oppositions de la part de riverains. Pour faciliter leur acceptation et les inscrire dans le territoire, certaines collectivités s'emparent de la question et planchent sur la dimension paysagère de la transition énergétique. "Il ne s'agit pas de sacraliser le paysage. C'est utopique de vouloir le mettre sous cloche. Le paysage doit plutôt être un outil pour questionner la manière de mettre en œuvre la transition énergétique", explique Auréline Doreau, chef de projet de la chaire Paysage et Energie, à l'Ecole nationale supérieure de paysage de Versailles.

Le paysage doit plutôt être un outil pour questionner la manière de mettre en œuvre la transition énergétique.

Si, au premier abord, la rencontre entre paysagistes et énergéticiens n'est pas évidente, elle est finalement source de richesse : "Cela suppose de croiser les disciplines, mais aussi de questionner les activités sur le territoire : économie, loisirs, agriculture, mobilité, solidarité entre les territoires… Ce travail ouvre un champ de réflexion beaucoup plus large, au delà de la question initiale de la transition énergétique".

Anticiper l'arrivée des projets renouvelables

Le parc naturel régional des Préalpes d'Azur s'est saisi du sujet à l'occasion de l'installation d'un poste source électrique de 80 MW. Ce projet démultiplie les possibilités d'installer des énergies renouvelables sur ce territoire : environ 200 hectares de centrales photovoltaïques seront raccordables. Cette future infrastructure attire d'ores et déjà les porteurs de projets, au risque de conduire à des spéculations sur les terres, notamment agricoles. Le parc a donc souhaité anticiper, en élaborant des préconisations sur les futures centrales, voire en planifiant leur implantation. "L'idée est d'éviter de miter le territoire comme cela s'est fait avec les zones pavillonnaires. Il était donc nécessaire de prendre le projet très en amont", explique Joris Masafont, étudiant paysagiste chargé de mener la réflexion sur l'intégration paysagère des énergies renouvelables dans le parc. "En règle générale, les collectivités agissent en réaction à l'arrivée d'opérateurs privés. Il n'y a donc pas d'ambition paysagère. Nous souhaitions anticiper, afin d'éviter d'avoir une juxtaposition de centrales qui dénaturent le territoire", justifie Eric Mele, président du parc. D'autant qu'à terme, la capacité du poste source pourrait être triplée.

Des analyses cartographiques et des études de terrain ont permis de mieux connaître le territoire dans un périmètre de 15 km autour du futur poste source. Des critères paysagers, mais aussi des critères techniques, élaborés avec des énergéticiens, ont permis d'établir une grille de lecture du territoire.

Ce travail a permis d'identifier les lieux potentiels d'installation des parcs, en accord avec le projet de territoire. Ainsi, les plaines fertiles devraient être protégées des grands projets. Les zones ayant un intérêt patrimonial, écologique ou agricole ont été exclues d'office. En revanche, les plateaux calcaires, "lieux assez pauvres en termes de biodiversité, assez fermés, pourraient servir à la fois pour le pâturage et l'installation de centrales photovoltaïques", explique Joris Masafont. Et pourquoi pas multiplier les usages sur ces plateaux, en créant des réserves d'eau de pluie ? Au niveau des villages, des serres photovoltaïques pourraient être installées, en continuité de l'urbanisme actuel, pour alimenter les cantines ou les habitants.

Une démarche qui porte ses fruits

Ce travail, qui va être poursuivi, doit permettre au parc de se positionner sur les futurs projets. "L'avis du parc reste consultatif, mais c'est une aide à la décision pour les maires et le Préfet. Il s'agit d'inscrire ce travail d'expertise dans un ensemble d'enjeux", explique Eric Mele.

Le parc naturel régional du Verdon s'est lancé dans cette démarche il y a quelques années. Une charte, adoptée en 2010, définit des principes d'implantation pour les centrales solaires : éviter les terres agricoles, les zones naturelles à enjeux et privilégier le foncier communal afin de garantir l'intérêt général du projet. Les porteurs de projets doivent également présenter une simulation paysagère et privilégier les solutions qui optimisent l'emprise au sol.

Depuis 2007, le parc a émis 23 avis sur des projets photovoltaïques : cinq favorables, quatre avec réserves et 14 défavorables. Huit projets ont finalement été réalisés : quatre avaient reçu un avis favorable, deux un avis défavorable (car implantés sur des terrains privés) et deux des réserves. "Tous les projets sur des paysages emblématiques ont été abandonnés, souligne Dominique Imburgia, chargé de projet Energie du parc. Depuis 2011, il n'y a plus de projets en zone agricole et les deux-tiers sont sur des terrains publics".

Ce travail de longue haleine a permis d'ouvrir les discussions avec les élus et les opérateurs privés. Pour autant, la démarche se confronte parfois à des intérêts économiques : les communes sont tentées de donner leur feu vert à des projets qui dénaturent le paysage, afin de bénéficier de retombées économiques. Difficile de renoncer à une nouvelle manne financière en ces temps de disette budgétaire…

"Demain, avec le développement des intercommunalités, les projets de territoires seront plus facilement réalisables", espère Luc Courtil, chargé de mission Développement du parc. D'autant que l'objectif n'est pas de s'opposer à tous les projets mais de privilégier ceux qui s'inscrivent dans le paysage : "On engage les communes à s'approprier la question et à inverser les démarches, en utilisant les plans locaux d'urbanisme (PLU)", explique-t-il. Par exemple, la commune de Moissac-Bellevue a travaillé à l'élaboration d'un cahier des charges, avec le parc et Energie partagée. Une pré-étude environnementale a été réalisée sur le site identifié et le public a été consulté sur le projet d'implantation d'une centrale photovoltaïque. Ce n'est qu'après ces étapes qu'un opérateur a été retenu par appel d'offres pour mener à bien le projet, qui est encore en cours de montage.

A Manosque, l'hydrogène crée une bulle spéculative sur le foncier

Anticiper et s'approprier les projets, c'est également ce que comptent faire les élus de la communauté d'agglomération de Manosque (Durance-Luberon-Verdon agglomération). Un projet de production d'hydrogène, à partir de photovoltaïque, et de stockage dans les cavités salines du territoire, suscite des inquiétudes. "Ce projet nécessite l'installation de 1.500 hectares de panneaux photovoltaïques. Les opérateurs sont en train de se positionner. Nous devons être très vigilants. Ils proposent des loyers de 8.000 à 10.000€/an/ha aux propriétaires forestiers. Cela crée une bulle spéculative. Or, nous tenons à la carte postale de notre territoire, qui est très touristique", raconte le maire de Manosque, Bernard Jeanmet-Péralta. L'agglomération planche donc, avec le parc du Verdon, sur une cartographie de favorabilité ou d'exclusion des projets, en fonction des enjeux de biodiversité, de paysage, d'agriculture et de pastoralisme. Mais "il faut aller vite", prévient Luc Courtil.


2018/06/13

Création d’un Centre Technique national du Biogaz et de la Méthanisation en France


Source : Bioénergies International



Création d’un Centre Technique national du Biogaz et de la Méthanisation en France

A l’occasion du salon Expobiogaz qui s’est tenu à Strasbourg les 6 et 7 juin 2018, le Club Biogaz de l’ATEE a annoncé le lancement d’un Centre Technique national du Biogaz et de la Méthanisation. Le CTBM animera et coordonnera un réseau pour offrir les moyens techniques et humains de soutien au développement de la méthanisation en France.

Avec un gisement mobilisable en 2030 de l’ordre de 90 TWh d’énergie primaire, la filière méthanisation a un rôle essentiel à jouer dans l’atteinte des objectifs de développement des énergies renouvelables de la France. Cette filière compte déjà plus de 500 installations en France et ce parc devrait tripler pour être en phase avec les ambitions nationales. La dynamique est engagée et elle est d’autant plus positive que les avantages de la production de biogaz (réduction des émissions de gaz à effet de serre, emploi rural, traitement de déchets, retour de nutriments au sol) incluent plus largement la filière dans la transition écologique et solidaire des territoires.

Le CTBM doit aider la filière à renforcer plusieurs aspects :

  • Répondre aux spécificités nationales comme la gestion des matières fibreuses (fumiers, résidus de cultures) ;
  • Conforter les financeurs en identifiant des solutions fiables et rentables ;
  • Conduire une feuille de route industrielle ;
  • Contribuer à la professionnalisation de la filière biogaz appelée de ses vœux par Sébastien Lecornu, Secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire.

Le CTBM réalisera des études sur des sujets fédérateurs, comme la comparaison des moyens de prétraitement (notamment broyeurs/défibreurs), l’ajout de produits (biomolécules, oligo-éléments) pour l’augmentation des performances de méthanisation, ou encore des retours d’expériences sur la mise en place de cultures intermédiaires, sur l’origine des indisponibilités techniques des unités, sur la valeur des digestats, ou sur l’analyse du cycle de vie des différentes filières biogaz / biométhane.

Selon Michel Spillemaecker, président du Club Biogaz de l’ATEE « la filière biogaz au sens large et plus particulièrement les acteurs de la méthanisation sont à un tournant. Les projets se multiplient et la qualité doit être au rendez-vous à la fois en termes de performances économiques, d’exploitation et de sûreté des installations. Le CTBM va aider les professionnels en synthétisant et diffusant les connaissances, en fédérant l’expertise scientifique, en développant un réseau de formateurs, en évaluant et qualifiant les technologies, etc. ».

Contact : Arnaud DIARA, Chargé de mission, Club Biogaz ATEE – Tel. +33 146 56 41 42


Les énergies renouvelables thermiques, parent pauvre de la politique française


Source : Bioénergies International



Les énergies renouvelables thermiques, parent pauvre de la politique française

Editorial du Bioénergie International n°55 de mai-jun 2018

A Brest, les deux chaufferies, l’une à déchets ménagers et l’autre à bois, couvrent 93% des besoins du chauffage urbain, photo Frédéric Douard

La Cour des comptes de la République française a publié le 18 avril 2018 un rapport sur les dispositifs de soutien public aux énergies renouvelables (EnR). La Cour constate « un décalage persistant au regard des objectifs affichés. Elle note également que, faute d’avoir établi une stratégie claire et des dispositifs de soutien stables et cohérents, le tissu industriel français a peu profité du développement des EnR. […].

La FEDENE1 et AMORCE2 partagent ce constat, tant sur le retard pris sur les objectifs, que sur le niveau des moyens à allouer pour y parvenir. En outre, cette transition ne pourra se faire sans une plus grande stabilité des dispositifs de soutien.

Mieux focaliser le soutien public sur les EnR thermiques

La Cour indique également que « les EnR électriques bénéficient de l’essentiel de ces dépenses publiques avec, en 2016, 4,4 Md€ contre 567 M€ pour les EnR thermiques » pour constater « que « les EnR thermiques reçoivent aujourd’hui l’équivalent d’un dixième du volume de soutien public consacré aux EnR alors qu’elles représentent 60 % de la production nationale […]. Le soutien à ces énergies est d’autant plus nécessaire que leur développement est obéré par des freins importants, en particulier la tendance baissière des prix des énergies fossiles, qui crée un écart de compétitivité que le niveau actuel de la taxe carbone ne parvient pas à compenser ».

La FEDENE et AMORCE partagent totalement ce constat, et soutiennent naturellement la recommandation de la Cour des comptes, sur l’accroissement des moyens du Fonds chaleur pour atteindre les objectifs de développement fixés aux EnR thermiques.

Le Fonds chaleur a démontré son efficacité jusqu’en 2014, date du décrochage du prix des énergies fossiles. Depuis, les moyens sont clairement insuffisants pour rétablir l’équilibre compétitif des solutions EnR thermiques et pour impulser une dynamique de développement des réseaux de chaleur et de froid permettant d’atteindre l’objectif fixé par la loi de transition énergétique, à savoir multiplier par cinq la chaleur renouvelable et de récupération livrée par les réseaux. Un constat qui fait consensus et qui a conduit plusieurs gouvernements à s’engager à doubler son enveloppe.

L’enjeu n’est pas uniquement le doublement du Fonds chaleur, mais la mobilisation à court terme de soutiens suffisants pour lancer de nouveaux projets dont le temps de maturation est de plusieurs années.

Afin de donner à tous les acteurs du secteur les moyens d’accélérer la transition énergétique et de remettre la France sur la trajectoire qu’elle s’est fixée, les collectivités territoriales et les opérateurs de la chaleur renouvelable (rassemblés au sein d’AMORCE et de la FEDENE) réaffirment donc :

  • le besoin de mettre en cohérence les moyens financiers avec les objectifs quantitatifs de la Transition Energétique pour assurer la viabilité économique des projets3 ;
  • le renforcement immédiat du Fonds chaleur et le lancement de nouveaux appels à projets d’énergie thermique renouvelable et de récupération ;
  • la nécessité de partager une vision commune sur les principaux enjeux et un pilotage plus lisible en matière de politiques publiques énergétiques.

Enfin, la FEDENE et AMORCE saluent également les recommandations de la Cour des comptes, de recentrer le Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) sur les énergies renouvelables ainsi que de rendre obligatoire, dans la réglementation thermique, l’usage des EnR thermiques dans les bâtiments neufs.

Notes :

  1. AMORCE constitue le premier réseau français d’acteurs locaux d’information, de partage d’expériences et d’accompagnement des décideurs en matière de politiques Energie-Climat des territoires.
  2. La FEDENE, Fédération des Services Energie Environnement, regroupe 500 entreprises de services centrés sur l’efficacité énergétique, la performance des bâtiments, la production et la valorisation de la chaleur et de froid renouvelables et de récupération.
  3. Porter la part des énergies renouvelables à 23 % de la consommation finale brute d’énergie en 2020 et à 32 % de la consommation finale brute d’énergie en 2030.

2018/06/11

Une entreprise norvégienne produit du carburant à partir de plastique recyclé


Source : Enviro2B



Une entreprise norvégienne produit du carburant à partir de plastique recyclé

Une start-up norvégienne transforme les déchets plastiques en carburants et estime que sa production pourrait être multipliée par 100 au cours de la prochaine décennie.

L’entreprise, soutenue par le géant pétrolier Vitol Group, devrait produire environ 350 barils de diesel et d’essence par jour dans son usine au Danemark dès le début 2019, et envisage un potentiel de 30 000 à 40 000 par jour d’ici 10 ans. Quantafuel a fait le pari de fabriquer du carburant à partir de plastique – un produit pétrolier – et ainsi aider à atténuer le problème environnemental croissant de la pollution plastique.

Le monde produit plus de 300 millions de tonnes de plastique chaque année, dont la moitié devient presque instantanément un déchet, selon la Plastic Oceans Foundation. Avec la prise de conscience mondiale que constitue la menace écologique du plastique, il était temps pour Quantafuel de déployer son savoir-faire.

70% du plastique transformé en diesel

« Notre objectif est de devenir une société pétrolière pertinente qui n’a pas quatre plates-formes dans la mer du Nord », a déclaré le PDG Kjetil Bohn dans une interview la semaine dernière.

Après l’annonce d’un partenariat stratégique avec Vitol en avril conclu à hauteur de 150 millions de couronnes danoise (20 millions d’euros), la société a vu sa valorisation grimper à près de 500 millions de couronnes.

Les actions de Quantafuel commenceront à être négociées sur le marché norvégien de gré à gré à la fin du mois de juin, et la société prévoit d’être cotée à la bourse d’Oslo d’ici mi 2019.

Pendant ce temps, Quantafuel se concentre la nécessité de prouver que sa technologie – l’une parmi plusieurs autres en cours d’utilisation ou de développement dans le monde entier – peut supporter une telle production.

Le plastique est chauffé à environ 450 degrés, 1 tonne de déchets produisant environ 900 kilogrammes de carburant. Environ 70% sont transformés en diesel, 15% en essence et moins de 5% en pétrole lourd, tandis que le reste constitue le gaz réutilisé dans le processus de chauffage.

Bien que l’usine aura besoin d’énergie supplémentaire et de gaz naturel liquéfié dans la phase de démarrage, elle produira à terme davantage d’énergie qu’elle n’en utilise, selon l’entreprise.

Fabrication d’un produit premium

Même si le diesel de Quantafuel émet à peu près la même quantité de carbone que les autres diesels lorsqu’il est brûlé dans un moteur de voiture, les émissions sont réduites de 90% pendant la fabrication, le classant comme carburant à faible teneur en carbone. Cela permet à l’entreprise et à Vitol, son distributeur exclusif, de le vendre en tant que carburant premium.

Les marges sont en outre stimulées par le faible coût des matières premières : alors que l’entreprise achètera une partie du plastique qu’elle utilise, elle est payée pour récupérer le reste.

« Nous créons un lien entre deux marchés qui ne sont pas connectés aujourd’hui. Sur l’un de ces marchés, vous êtes surtout payé pour recevoir des déchets », a déclaré Kjetil Bohn. « Cela donne un très bon retour sur investissement. »

L’entreprise utilise du plastique qui n’est pas actuellement recyclé. Près de 70% de tous les déchets plastiques collectés en Europe finissent dans les décharges ou sont incinérés pour la production d’énergie, selon PlasticsEurope, un groupe de producteurs. « Faire du diesel est un moyen beaucoup plus efficace de produire de l’énergie que la combustion du plastique pour se chauffer », a déclaré Kjetil Bohn.

Quantafuel prévoit de construire une deuxième usine en Norvège l’année prochaine avec la même capacité, à savoir 60 tonnes de déchets par jour. Si la production initiale au Danemark se déroule comme prévu, Vitol et Quantafuel se partageront ensuite le financement d’une installation pouvant traiter 300 à 500 tonnes à Anvers, en Belgique. Cette dernière pourrait être en marche d’ici fin 2020. Coût estimé : 63 millions d’euros.

D’ici là, l’objectif de Quantafuel est d’atteindre un taux de croissance de 60 tonnes de capacité journalière.


2018/06/08

Comment la start-up américaine NET Power capture le gaz carbonique pour le valoriser en énergie


Source : Usine Nouvelle



Comment la start-up américaine NET Power capture le gaz carbonique pour le valoriser en énergie

Générer de l’électricité “low-cost” avec zéro émission atmosphérique devrait bientôt être possible. L'américain NET Power vient de démontrer, dans le démonstrateur implémenté dans sa centrale du Texas, l’efficacité de son procédé insolite qui convertit le dioxyde de carbone en énergie, raconte le MIT Technology Review.

Comment la start-up américaine NET Power capture le gaz carbonique pour le valoriser en énergie

NET Power a annoncé la réussite du test du démonstrateur de sa centrale de Houston (Etats-Unis), mercredi 30 mai.

La start-up américaine NET Power développe une technologie permettant de convertir le dioxyde de carbone rejeté par les centrales électriques à gaz naturel en énergie électrique. Elle a annoncé le 30 mai le premier test réussi de son démonstrateur. La centrale, située à proximité d'Houston, au Texas, bénéficie d’un financement de 140 millions de dollars, précise le MIT Technology Review.

Elle emploie une technologie innovante baptisée "Allam Cycle technology”, suivie de près par la communauté des chercheurs en énergie. Son principe, récupérer le CO2 issu de la combustion du gaz pour le convertir, sous pression et chaleur, en liquide qui fera tourner les turbines.

Sa particularité est de réaliser l'opération dans de l'oxygène pur, alors que les autres centrales le font dans de l'air qui contient aussi de l'azote. Pour l'instant, cette technologie est encore au stade du prototype. En exploitation, l’excès de gaz sera récupéré, transporté et vendu. Le procédé répond au besoin de valoriser le dioxyde de carbone à moindre coût. 

Alors que les systèmes de capture traditionnels sont complexes et onéreux, la technologie de NET Power - fruit d’une collaboration entre Exelon Generation, McDermott, et 8 Rivers Capital - pourrait concurrencer les éoliennes et les panneaux photovoltaïques. Le résultat serait une source d’énergie propre, bon marché, et disponible à la demande.

Selon le communiqué de presse de NET Power, Toshiba a fourni le générateur de 50 méga-watts utilisé par le démonstrateur. La start-up souhaite en associer plusieurs pour atteindre une capacité de 300 méga-watts pour la centrale. Le lancement commercial est prévu pour 2021.

 

2018/06/06

Comment la déforestation et les problèmes de l’industrie du bois peuvent être combattus par la blockchain


Source : Enviro2B



Comment la déforestation et les problèmes de l’industrie du bois peuvent être combattus par la blockchain

Environ 30% de la masse continentale mondiale est couverte de forêts. Si les forêts tropicales du monde continuent d’être détruites à ce rythme, elles disparaîtront entièrement dans les 100 prochaines années.

La population mondiale a besoin d’une solution qui empêche les mauvais acteurs de s’engager dans le commerce illicite et de profiter de la déforestation – et la blockchain pourrait y participer.

Le commerce illégal favorise la disparition de communautés

L’abattage illégal de bois représente plusieurs milliards de dollars chaque année, qui fait baisser le prix du bois et génère des recettes criminelles de 10 à 15 milliards de dollars par an. Le terme « exploitation illégale » couvre une grande variété de transgressions, y compris l’exploitation forestière d’espèces protégées, l’exploitation forestière dans des zones protégées et l’exploitation forestière avec des faux permis ou obtenus illégalement.

Les habitats qui se sont développés sur ces territoires au cours des millénaires sont régulièrement dévastés. Et une fois détruits, il est incroyablement difficile, voire impossible, de les ramener à leur état antérieur.

Les forêts tropicales agissent également comme les poumons de la planète, absorbant le dioxyde de carbone et remplissant l’air d’oxygène.

Ce ne sont pas seulement les animaux qui perdent leurs habitats par l’exploitation et le commerce illicites. Certaines communautés sont rayées de la carte pour favoriser la course au profit. La déforestation empêche par ailleurs les arbres d’absorber les eaux de pluies, empêchant les inondations, de retenir des tonnes de terre avec leurs racines et de prévenir l’érosion. L’érosion massive du sol et les inondations menacent les plus petites plantes, les animaux et les êtres humains.

La blockchain peut résoudre certains de ces problèmes.

Bien que les problèmes de déforestation soient complexes à traiter, la blockchain pourrait constituer une solution. La technologie peut être utilisée pour fournir des enregistrements plus précis, augmenter la transparence dans les chaînes d’approvisionnement du bois et encourager de meilleurs comportements de la part des acteurs de l’industrie forestière.

D’une part, une blockchain est un outil utile quand il s’agit d’enregistrer et de protéger les registres fonciers et la documentation. Alors que la préservation des terres protégées doit encore être appliquée sur le terrain par les gouvernements, la blockchain offre un moyen de s’assurer que les documents liés à cette application sont inaltérables.

De même, les registres fonciers basés sur la blockchain peuvent offrir un certain niveau de protection aux communautés et aux propriétaires fonciers dont les terres peuvent être convoitées par des exploitants forestiers illégaux.

D’autre part, la blockchain améliore également grandement la visibilité dans la chaîne d’approvisionnement du bois. Les scellements cryptographiques peuvent être appliqués au bois lui-même ou à des envois individuels, fournissant une chaîne de traçabilité à partir du moment scellement jusqu’au moment où le bois arrive à sa destination finale. Les résultats des tests d’ADN du bois peuvent être enregistrés et suivis sur une blockchain pour informer les consommateurs qu’ils ont été produits d’une manière éthique.

Des scanners portables sont disponibles pour lire le grain des bois et identifier l’espèce d’arbre. L’enregistrement de ces informations sur la blockchain aiderait à identifier quand et où les bois illégaux entrent dans la chaîne d’approvisionnement. Si une expédition de bois ne provient pas d’une source fiable, elle sera signalée immédiatement.

En extrayant du bois illégal de chaînes d’approvisionnement réputées, on réduira considérablement les effets de la déforestation et de l’exploitation illégale des forêts en asséchant la demande pour ces bois.

Enfin, la blockchain fonctionne comme outil d’éducation. Il augmente la transparence et la visibilité dans les zones autrefois opaques. Il peut fournir un aperçu de l’endroit et de la manière dont les problèmes se produisent dans les chaînes d’approvisionnement. Mais il ne peut malheureusement pas résoudre les problèmes.

Les solutions aux problèmes environnementaux mondiaux impliqueront la création de nombreux outils et le travail de multiples organisations autour de ces sujets. Résoudre la crise de la déforestation va prendre du temps, mais cela pourrait être accompli plus rapidement avec l’aide de la blockchain.


2018/06/05

Renouée du Japon : viser une gestion différenciée avec des objectifs adaptés et réalistes


Source : Actu-Environnement



Renouée du Japon : viser une gestion différenciée avec des objectifs adaptés et réalistes

Le projet Dynarp s'est intéressé à la dynamique paysagère de la Renouée du Japon sur trois types d'infrastructures de transports : les voies routières, ferrées et navigables. Présentation par André Evette, chercheur à l'Irstea.

Actu-environnement.com : La Renouée du Japon figure parmi les plantes les plus préoccupantes pour son caractère invasif en Europe. Vos travaux montrent qu'elle adopte un comportement différent en fonction des infrastructures, routes, voies ferrées, rivières, etc. Pouvez-vous me le préciser ?

André Evette : La Renouée du Japon fait des rhizomes en quantité énorme. Avec les feuilles, les tiges, nous ne voyons que la partie émergée de l'iceberg, la majorité de la biomasse est sous terre. Ce sont des plantes clonales : elles sont connectées et fonctionnent en groupe. En surface, cela fait une tache dont nous voyons bien les contours.

Nous avons remarqué que la distance séparant les taches de Renouées des infrastructures est significativement plus faible dans le cas des voies navigables comparée aux autres infrastructures, cela s'expliquant vraisemblablement par la présence d'un facteur de dissémination complémentaire sur ces milieux : les crues.

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2018/06/04

Broyage de déchets végétaux : de nouvelles prescriptions applicables


Source : Actu-Environnement



Broyage de déchets végétaux : de nouvelles prescriptions applicables

Broyage de déchets végétaux : de nouvelles prescriptions applicables

Un arrêté ministériel, publié au Journal officiel du 3 juin, fixe les prescriptions générales applicables aux installations de broyage de déchets végétaux non dangereux relevant du régime de la déclaration au titre de la rubrique 2794 de la nomenclature des installations classées (ICPE).

Curieusement, cet arrêté est publié avant la parution du décret qui doit créer cette rubrique.

Suite à une modification apportée sur ce projet de décret par le Conseil supérieur de la prévention des risques...


2018/06/01

« Le plus gros stockage d’énergie renouvelable au monde » en Guyane


Source : Enerzine.com



« Le plus gros stockage d’énergie renouvelable au monde » en Guyane

Une première mondiale : la plus grande centrale à base d’énergie 100% renouvelable fournira une électricité stable jour et nuit pour plus de 10 000 foyers en Guyane à un prix compétitif.

La société Hydrogène de France (HDF Energy) a annoncé le lancement d’une première dans l’histoire de l’énergie renouvelable avec le projet CEOG, la […]


2018/05/30

Introduire des algues dans l’alimentation des vaches réduit de 99% les émissions de gaz à effet de serre de leurs éructions


Source : Enviro2B



Introduire des algues dans l’alimentation des vaches réduit de 99% les émissions de gaz à effet de serre de leurs éructions

Des recherches préliminaires ont indiqué qu’une petite quantité d’algues marines ajoutée à la nourriture pour bovins peut réduire jusqu’à 99% les émissions de méthane provenant des microbes intestinaux du bétail.

Les scientifiques de l’Université de Californie espèrent aider les agriculteurs à atteindre de nouvelles cibles strictes en matière d’émissions grâce aux premiers tests opérés sur l’alimentation des vaches laitières vivantes.

Le projet du Professeur Kebreab est le premier au monde à tester des algues sur des vaches laitières vivantes

Bien que leurs premiers résultats ne soient pas encore connus, le professeur Ermias Kebreab, professeur à l’Université de Californie, a déclaré que leurs premières expériences étaient « très surprenantes et prometteuses ».

Ainsi, lors de tests en laboratoire l’an dernier, des chercheurs australiens ont constaté que seulement 2% d’algues dans les aliments pour bovins pouvaient réduire les émissions de méthane de 99%. Les algues inhibent apparemment une enzyme qui contribue à la production de méthane.

« Les résultats ne sont pas définitifs, mais jusqu’à présent, nous constatons des réductions d’émissions substantielles », a-t-il déclaré.

« Cela pourrait aider les producteurs laitiers californiens à se conformer aux nouvelles normes d’émissions de méthane et à produire durablement les produits laitiers dont nous avons besoin pour nourrir le monde » ajoute-t-il.

Une question de digestion

Les vaches et autres animaux « ruminants », comme les chèvres et les moutons, éructent continuellement tout au long de la journée alors qu’ils digèrent la nourriture dans leur rumen, la première des quatre sections de leur estomac. Le rumen abrite des millions de microbes qui aident à fermenter et décomposer les aliments riches en fibres comme l’herbe et le foin. Cette fermentation produit des gaz qui se combinent pour former du méthane, un gaz piégeant la chaleur particulièrement puissant.

Ce processus permet aux animaux de survivre avec un régime d’herbe, mais il produit également de grandes quantités de méthane – un gaz responsable d’environ un quart du réchauffement climatique anthropique.

Les bovins éructent constamment et rejettent le méthane produit dans leur estomac. Le gaz peut également être expulsé par l’autre extrémité de l’animal et être présent dans le fumier, mais dans une moindre mesure.

L’agriculture est un contributeur majeur aux émissions de gaz à effet de serre, et environ un tiers des émissions du secteur proviendrait du méthane des bovins.

Afin de tenter d’enrayer cette situation, la Californie a adopté des règlements exigeant que les producteurs laitiers réduisent de 40% les émissions de méthane de leurs 1,7 million de vaches au cours de la prochaine décennie.

Atteindre cet objectif exigera des solutions radicales, et le professeur Kebreab pense que les algues pourraient être l’une de ces solutions.

« Puisque la plupart des émissions de méthane d’une laiterie proviennent de l’animal lui-même, la nutrition peut jouer un grand rôle dans la recherche de solutions », a-t-il expliqué.

« Les chiffres que nous voyons sont incroyables – bien au-delà de la cible que les agriculteurs ont besoin d’atteindre. »

Les algues, une solution viable sur le long terme ?

Dans les étables de l’université, le professeur Kebreab et son équipe ont testé un régime d’algues sur 12 vaches laitières Holstein et ont l’intention d’élargir leurs expériences pour inclure plus de bétail cet été.

La quantité de méthane produite est mesurée grâce à un appareil quatre fois par jour. Ce dernier vérifie opère au moment où les vaches mangent.

Le travail s’appuie sur les premières études réalisées en 2015 par une équipe de chercheurs australiens qui ont indiqué qu’une petite quantité d’algues a pratiquement éliminé les émissions de méthane provenant des microbes intestinaux des vaches en laboratoire.

Un composé trouvé dans certaines algues perturbe les enzymes utilisées par les microbes pour produire du méthane

Les résultats ont été si spectaculaires que les scientifiques ont pensé que leurs instruments devaient être cassés et ont décidé de recommencer les tests pour confirmer que la chute de 99% était réelle.

« Nous avons encore beaucoup de recherches à faire pour déterminer si les suppléments d’algues pourraient fournir une solution viable à long terme », a déclaré le professeur Kebreab. « Mais nous sommes très encouragés par ces premiers résultats ».


CertiMétha, une plateforme made in France pour doper le secteur de la méthanisation


Source : Usine Nouvelle



CertiMétha, une plateforme made in France pour doper le secteur de la méthanisation

D'ici 2019, la plateforme CertiMétha devrait être lancée. Objectif, permettre aux entreprises du secteur de la méthanisation de tester leurs innovations autour d'une unité de production opérationnelle dans l'Aube. Et parvenir à 30 % de gaz vert dans le réseau français d’ici 2030. La filière de la […]


Etude territoriale de connaissance des potentiels de récupération de chaleur sur son territoire


Source : ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie)



Etude territoriale de connaissance des potentiels de récupération de chaleur sur son territoire

Quelles sont les sources de chaleur fatale (usines d’incinération des déchets, datacenters, réseaux d’assainissement, stations d’épuration, chaleur des industries, blanchisseries, etc.) sur mon territoire ?

Comment évaluer leurs caractéristiques techniques et économiques selon les filières ?

Comment les valoriser sur site et sur mon territoire ?

Les réponses dans le guide intitulé « Etude territoriale de connaissance des potentiels de récupération de chaleur sur son territoire » de la FNCCR et l’ADEME.

Pour en savoir plus

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2018/05/25

La méthanisation, enjeu pour les jeunes agriculteurs du Nord et du Pas-de-Calais


Source : Bioénergies International



La méthanisation, enjeu pour les jeunes agriculteurs du Nord et du Pas-de-Calais

Vidéo de reportages et témoignages, réalisée par la Chambre d’Agriculture du Nord-Pas de Calais et financée par l’Ademe Hauts-de-France, et qui a pour ambition d’expliquer de façon simple ce qu’est une unité de méthanisation agricole et de répondre aux diverses interrogations qu’un projet peut susciter (risque d’odeur, trafic, risque d’explosion…) aux travers de témoignages (exploitants, maire…).

Retrouvez les témoignages de :

  • Pierre Pollet de Biogaz Pévèle à Wannehain
  • Jonathan Bulion de Bulion Méthanisation à Bruille-Saint-Amand
  • Sylvie Roland, maire de Thiembronne
  • et Jean-Bernard Bayard, président de la Chambre d’Agriculture Nord-Pas-de-Calais

Voir aussi les reportages sur les unités de méthanisation agricole du Nord-Pas-de-Calais :


Global Bioenergies annonce le lancement du projet européen Rewofuel


Source : Info Chimie



Global Bioenergies annonce le lancement du projet européen Rewofuel

La société de biotechnologie industrielle Global Bioenergies a annoncé le démarrage d'un projet européen de trois ans dénommé Rewofuel.

Il vise à convertir des résidus forestiers de bois tendre en isobutène renouvelable puis en essence et en kérosène.

Ce programme est porté par un consortium constitué de 11 membres : Global Bioenergies (coordinateur), Sekab, Graanul Invest, Neste Engineering Solutions, Repsol, Peab Asfalt, SkyNRG, Ajinomoto Eurolysine, IPSB, TechnipFMC et l'université de Linz. Le budget total du projet se chiffre à 19,7 millions d'euros. Une […]

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2018/05/19

La blockchain pour doper la finance verte


Source : Usine Nouvelle



La blockchain pour doper la finance verte

Les obligations vertes permettent de financer les projets en faveur de la transition énergétique. Leur cycle de vie est toutefois ponctué de nombreuses étapes impliquant l'intervention de multiples acteurs. Pour fluidifier les échanges, réduire les délais et les coûts d'émissions et favoriser l'émergence d'un marché secondaire, l'IRT SystemX et la Caisse des Dépôts planchent sur une plate-forme basée sur une blockchain de consortium. Présentation.

Les green bonds ou obligations vertes permettent aux entreprises et aux entités publiques de financer leurs projets environnementaux, plus particulièrement les investissements en infrastructures.

Mobilité, assurance, énergie… Les domaines d'application possibles de la blockchain sont de plus en plus nombreux. Lors d'une matinée dédiée à ce protocole distribué, l'institut de recherche technologique (IRT) SystemX a présenté ses derniers travaux en la matière. Parmi eux, un démonstrateur sur la finance verte élaboré en partenariat avec la Caisse des dépôts, particulièrement active sur le sujet (lire notre article : La Caisse des Dépôts investit tous azimuts dans la blockchain).

Les deux parties ont imaginé une plate-forme distribuée pour soutenir le développement des obligations vertes (les green bonds en anglais). "Il s'agit d'emprunts émis par une entreprise ou un acteur public dont le but est de financer uniquement des projets de transition énergétique. Une entreprise peut ainsi émettre des obligations vertes auprès d'investisseurs pour financer le développement d'un parc éolien par exemple. Aujourd'hui, ce sont principalement les grands groupes ou les collectivités territoriales qui émettent ces titres sur le marché", explique Nicolas Heulot, ingénieur recherche à l'IRT SystemX.

UN MARCHÉ PEU AUTOMATISÉ

Une obligation verte se distingue donc d'une obligation classique par un reporting détaillé sur les investissements qu'elle finance et le caractère vert des projets financés. Cette particularité implique l'intervention de nombreux acteurs et intermédiaires tout au long de la chaîne d'émission. L'entité qui souhaite émettre des green bonds, comme la Caisse des Dépôts, doit ainsi rédiger un prospectus pour détailler le projet qu'elle souhaite financer. Elle doit ensuite faire appel à un organisme certificateur chargé d'évaluer la qualité "verte" de ces émissions. Le certificateur publie une note, qui doit être validée par l'entité émettrice, et fournit un document la justifiant. La dernière étape consiste à allouer les titres auprès d'investisseurs. C'est un broker qui s'en charge.

Conséquence de ces procédés fastidieux : le marché reste très peu digitalisé et automatisé. "Nous estimons que la blockchain peut fluidifier les échanges en mettant en relation directe les émetteurs et les investisseurs au travers d'une plate-forme virtuelle. En optimisant les process métier, il est possible de réduire les délais et donc les coûts d'émissions", expose Nicolas Heulot.

LA BLOCKCHAIN POUR FLUIDIFIER LES ÉCHANGES

Le démonstrateur repose sur une blockchain de consortium basée sur la technologie Parity sur laquelle des smart contracts permettent de définir les règles des processus et d'établir le système de gouvernance. "La blockchain permet ainsi de tracer toutes les étapes du cycle de vie des émissions", commente l'ingénieur. Cette transparence et ce point d'entrée unique visent également à faciliter les transferts de propriété sur ces titres et donc à favoriser l'émergence d'un marché secondaire, encore très peu existant aujourd'hui.

Aujourd'hui, certains écueils doivent encore être surmontés avant de pouvoir mener des expérimentations sur le marché. Les équipes de l'IRT cherchent notamment à introduire une dose de confidentialité par des techniques de chiffrement pour que les détails de certains échanges ne soient visibles que des parties prenantes et du régulateur, comme la proposition d'achat formulée par un investisseur. "Notre objectif est de lever ces verrous technologiques pour pouvoir proposer une solution qui puisse être mise en production", avance l'ingénieur.


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